Salutations les monstres ! Et oui, aujourd’hui c’est Halloween et comme promis la semaine dernière : nous allons nous faire peur ! J’en vois déjà serrer les fesses en lisant le titre du métrage qui se voit mis à l’honneur aujourd’hui, eux qui croyaient qu'on allait s‘atteler à un épisode des aventures de Myers ! Allez, pour vous consoler, le premier qui trouve d’où vient cette phrase gagne un DVD ! Attention : « c’est ici que la société se débarrasse de ses pires cauchemars ! »! Tandis que certains cherchent déjà, continuons avec les autres, tétanisés d’horreur à l’idée de se repencher à nouveau sur cette bande 100% eighties ! « Comment va-t-il réussir à nous faire croire que
Génération Perdue est toujours aussi fort ? » se demandent déjà les quelques uns que la dernière vision du film de papy Schumy aura refroidis… Ne vous inquiétez pas, la présentation élogieuse d’un film comme celui-ci devrait se faire sans forceps puisqu’en plus il est accompagné de sa suite, plus ou moins indirecte, qui va largement faciliter la tâche ! Deux films pour le prix d’un cette semaine, un vrai double programme à l’ancienne que votre serviteur se sera concocté il y a quelques jours pour mieux en apprécier la saveur… Et une chose est certaine : cette série déménage grave ! Mais cela nous le découvrirons un peu plus loin car avant, une fois n’est pas coutume, vous allez vous coltiner le petit couplet hebdomadaire du rebelle à deux balles de service ! Plus sérieusement et toujours dans cette même idée que le complot existe, sachez que vos mots laissés sur le forum surent toucher votre ami et que celui-ci espère sincèrement vous apporter la même chaleur que celle que vous lui avez offerte… Vos interventions et nos dialogues par textes interposés sont pour tous un bien évident puisqu’ils nivèlent l’élitisme culturel vers le bas -ce qui pour une fois doit être pris positivement- et éclairent les dernières travers d’une humanité alternative défiant l’unilatéral. Cessons notre sentimentalisme déplacé -voire notre théorie du complot- et reprenons nos affaires: que ressort-il de la dernière fois ? Je ne m’étendrai pas plus sur les questionnements et autres embarras qui avaient fait office d’introduction lors du numéro consacré au gigantesque
Last Action Hero mais, au contraire, je m’attarderai plus sur cette flamme fragile qui brûle en nous tous et qui a besoin d’être entretenue…

Plus encore que de simples remises en avant, il semble évident que l’essence même de la rubrique repose sur cette idée de partage: soudain dans une discussion, j’en viens à évoquer l’ami Tiamat, le compère K.H., et d’autres encore, camarades virtuels mais pourtant bien présents. Car aussi certain que les lignes sont lues et comprises malgré l'omniscient, les vôtres le sont aussi. J’ose ainsi espérer que ces rendez vous, aussi futiles soient-ils, permettent de conforter les quelques uns qui ne comprennent pas comment nos pépites pelliculaires peuvent naître d’une structure destructrice de rêve… Et bien tout simplement parce qu’au sein même de cette industrie, certaines figures décident de ne pas se plier aux règles et de s’opposer d’une manière ou d’une autre aux obligations. Il semble évident que le problème du système -qui, malgré sa vilenie, restera le cœur de nos imaginaires- est l’incapacité de ses acteurs à dire non. Trop peu refusent… C’est ainsi que des projets fous, malades, voir même morts dans l’œuf, se retrouvent mis en chantier pour on ne sait quelle raison. Prenons pour illustration un exemple envisageable par tous: comme beaucoup d’entre vous, sans doute, j’ai jeté un coup d’œil au remake du classique Amtyville de Rosenberg par
Andrew Douglas, métrage qui était diffusé cette semaine sur une chaîne hertzienne. Outre le fait que l’original a légèrement vieilli mais possède toujours une efficacité incroyable (ces deux constatations justifiant et contestant en même temps la raison d’être de l’entreprise), le minimum que l’on souhaite lorsque l’on s’attaque à une œuvre aimée, c’est que celle-ci soit respectée. Si ce n’est pas pour une raison professionnelle, c’est la considération et l’humilité vis-à-vis des aînés qui doivent guider le responsable de cette soi-disant renaissance et ça, ça s‘appelle l‘éducation... Loin de moi, l’idée de juger le film de Douglas qui possède de réelles qualités incroyablement sous-exploitées au profit d’une démonstration stupide et grand-guignolesque. Mais malheureusement, la question se pose à ce moment: nous savons où se trouve notre passion… mais où se trouve celle de ceux qui affinent nos songes ?

Que les quelques uns qui commencent à s’assoupir face à ces incroyablement soporifiques questionnements se réveillent: il n’est absolument pas question de vous raconter ma vie mais, au contraire, ce petit détour servira à merveille le propos du jour. Puisque, comme annoncé plus tôt, notre rendez vous s’offre cette semaine le luxe de mettre cote à cote deux métrages dans un double programme à la légitimité évidente. Où voulez en venir les quelques propos quand à la qualité de la franchise consacrée à la maison hantée de Long Island? Et bien, il servait tout simplement à mieux introduire plus tard ce
Lost Boys : The Tribe qui prend tour à tour des atours sympathiques et toujours sincères: suite certaine, remake camouflé, hommage passionné, œuvre originale, film bis assumé? Tous ces qualificatifs conviennent parfaitement au petit film sans prétention de P.J. Pesce qui ne nous a toujours pas été dévoilé en France! Tout cela pour dire que si, à cette heure où le manque flagrant d’imagination enterre de plus en plus les originaux, un seul film a su se montrer à la hauteur de son film matriciel, c’est sans conteste celui-ci… Les plus mauvais (ou lucides, c’est selon) s’empresseront de rappeler qu’il est évidement facile de surpasser le métrage de Schumacher! Il est vrai que ce dernier s’est gentiment bouffer le poids des années dans les canines pourtant, comme à son habitude, votre serviteur rétorquera en rappelant que, si le film connaît quelques faiblesses dues à son époque, il reste pourtant une œuvre pour qui le culte improbable n’est absolument usurpé. En revoyant
Génération Perdue aujourd’hui, ou même en le découvrant pour la première fois, une magie discrète se créée et se laisse inhaler nous révélant ainsi toute la richesse évoquée par le travail de Schumacher. Et n’en déplaise aux allergiques du réalisateur, tout le mérite que recueille la bobine de 1987, c’est par les seules décisions de ce dernier! Parce que, qu’on se le dise,
The lost Boys n’était absolument pas prévu pour s’apparenter à ce qu’il est aujourd’hui…