Par David A. - publié le 28 août 2008 à 04h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h45 - 0 commentaire(s)
Après un début difficile en tant que cinéaste avec le retentissant échec de Hommes, porcs et loups (Okami to buta to ningen) en 1964 et une sorte de parenthèse avec les films décalés que sont Le lézard noir (Kuto tokage) et Le manoir de la rose noire (Kuro bara no yakata), Kinji Fukasaku revient au genre du polar avec Le caïd de Yokohama (Nihon bôryokudan kumichô) et surtout Guerre des gangs à Okinawa (Bakuto gaijin butai) en 1971, sa première œuvre marquante dans son genre de prédilection, le film de yakuza (yakuza eiga). Guerre des gangs à Okinawa est une sorte de trait d’union entre deux styles, deux époques, deux conceptions du film de gangster japonais. Avant lui, dans les années 60, les studios de la Toei avaient porté aux nus les films chevaleresques (ninkyô eiga) contant les histoires de yakuzas intègres et respectueux du code d’honneur de la pègre, une sorte d’idéalisme fantasmé du monde des voyous. Avec Guerre des gangs à Okinawa, Fukasaku réajuste le tir, il fait des gangsters une race de scélérats tout en conservant quelques traces de l’ancien monde, celui des yakuzas d’honneur prêts à sacrifier leur vie pour cracher sur les méthodes d’un monde en plein bouleversement. C’est tout le sujet de la séquence finale du film, une course vers la mort pour conserver son honneur, pour rejeter l’avènement d’une nouvelle race de bandits, celle des hommes d’affaires de l’ombre peu scrupuleux et peu regardants sur les moyens d’arriver au sommet de la hiérarchie.



Gunji, à sa sortie de prison, décide de former un nouveau clan avec ses anciens camarades. Pour pouvoir se refaire, ils décident de partir pour Okinawa, l’île la plus au sud de l’archipel. Un Japon hors du Japon, où la base militaire américaine impose sa présence et le style de vie occidental mais où tout à la fois s’ancre une culture traditionnelle ancienne. Gunji et ses hommes se font une place, vite enviée par les clans plus puissants du continent. Refusant d’abdiquer, il libère ses hommes de leurs obligations. Au petit matin il compte bien régler ses comptes avec le clan Daïto, le magnat à la tête d’une entreprise fertile qui se répand sur tout le territoire. Pourtant ses frères d’armes restent à ses côtés pour cette ultime expédition dont ils ne reviendront pas.


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