Lors du festival du film fantastique d’Avoriaz de 1988, les amateurs de film de genre furent éblouis par une œuvre dont l’impact, tel un raz de marée dévastateur, allait bientôt toucher le grand public hexagonal. En effet,
Histoire de fantômes chinois, troisième film du chorégraphe Ching Siu-Tung et œuvre produite par un autre fou furieux de la mise en scène du nom de Tsui Hark (qui a d’ailleurs lui-même écrit le scénario du film), allait offrir à de nombreux amateurs encore ignorants de tout une tradition datant des années 60, une toute nouvelle ouverture au cinéma de Hong Kong, ceux-ci n’étant pour le moment coutumiers que des acrobaties de Jackie Chan ou de la prose physique d’un Bruce Lee disparu.

Et alors que pour tous ces adeptes de fantastique, l’œuvre allait rapidement s’imposer comme un classique instantané, aussi beau que novateur et poétique, elle représente cependant pour les initiés, une rupture marquante dans la tradition du Wu Xia Pian, genre majeur de l’industrie locale. Composé du terme Xia, signifiant honneur et équivalent local de notre chevalerie, et du terme Wù, diminutif de wùshu, ou kung fu comme le connaissent les occidentaux (pian signifiant film), le Wu Xia Pian œuvre dans l’empire du milieu depuis le milieu des années 60, alors que l’industrie chinoise tentent de fournir à son audience une alternative respectables au films de sabre japonais, ou chambara. Elle s’inspire alors d’une littérature à l’essort fulgurant depuis prés d’une vingtaine d’années, et c’est pendant cette période que vont s’installer une série de codes qui vont définir le genre, une série de code qu’
Histoires de fantômes chinois va joyeusement détourner pour le bonheur de tous.
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