Cette semaine sort en DVD le film de Vincent Garenq,
Comme les autres, une comédie un brin télévisuelle sur l’homoparentalité avec Pascal Elbé et
Lambert Wilson... La semaine dernière est sortie dans nos salles le dernier film de
Gus Van Sant,
Harvey Milk. Les deux parlent d’un thème similaire : les droits des homosexuels. Et la différence, si elle est au centre de ces deux films, est également visible à l’oeil nu... Il y a un fossé entre le cinéma français et le cinéma américain (on pourrait même dire mondial) lorsqu’il s’agit d’évoquer un thème qui ne devrait plus être épineux et l’homosexualité, qui peine à trouver ses marques dans les productions hexagonales, n’est souvent qu’un prétexte pour faire rire, rarement pour réfléchir et encore moins pour émouvoir. A quelques exceptions près...

A croire que l’amour entre deux hommes ou deux femmes n’a pas la même charge émotionnelle que l’amour entre deux personnes du sexe opposé. Si les années 1980 libèrerent bon nombre de cinéastes homosexuels qui developpèrent alors des thèmes leur étant chers, on peut constater depuis quelques années une certaine tendance à la frilosité ou la caricature et dans une autre mesure, un cloisonnement de ces personnages dans un cinéma labellisé « auteur ». Alors qu’André Téchiné ou Patrice Chéreau étaient parvenus à faire oublier l’image désastreuse de l’homo de
La cage aux folles, les années 2000 semblent opter pour une approche plutôt... distante. L’homosexuel n’existe pas ou plus dans le cinéma français populaire depuis une petite décénnie. Un mauvais jeu de mots pour un bilan qui l’est tout autant : le constat n’est pas très gai.
2009...
Le secret de Brokeback Mountain,
Harvey Milk,
Mysterious Skin,
The Hours,
Truman Capote,
Shortbus,
C.R.A.Z.Y., Tu marcheras sur l’eau, De l’autre côté,
La mauvaise éducation,
Monster,
Loin du Paradis,
Mulholland Drive,
Hedwig and the angry Inch, autant de films populaires à la fois ambitieux et accessibles venus des quatre coins de la planète qui ont su traiter de l’homosexualité et l’ouvrir au plus grand nombre. Sans misérabilisme, sans caricature, les homos sont des personnages comme les autres et s’ils n’ont pas toujours le premier rôle, ils sont parfois d’excellents seconds couteaux comme dans le récent et sympathique
Une Nuit à New York. Bref, il n’y a pas à réfléchir très longtemps pour comprendre que l’homosexualité n’est pas un thème qui fait fuir devant le succès indiscutable de plusieurs de ces longs-métrages. Mais comme vous avez pu le remarquer, aucun film français n’y figure et ce n’est pourtant pas les exemples qui manquent !