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Interview : Alexandre Desplat [page 3]

Par Cécile Carayol - publié le 16 avril 2008 à 05h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h16 - 0 commentaire(s)
Il arrive à plusieurs reprises dans le film qu’un accord consonant (une septième majeure par exemple) se transforme en agrégat… Est-ce notamment pour montrer la dualité de Terrien qui est sans cesse déchiré entre son idéalisme pacifique et ses pulsions de violence ?
Je ne sais pas. Je ne compose pas avec des « trucs » harmoniques ou mélodiques.


Dans Ennemi intime, la photo donne l’impression de marcher au diapason des sentiments et des événements. Vous a-t-elle particulièrement inspirée dans ce film ?
Gianni est l’opérateur attitré de Florent-Emilio Siri depuis son premier film et sa photo est magnifique. Si tous les films français avaient ce soin, cette exigence esthétique, cela serait formidable. C’est en tous cas pour moi un élément majeur d’inspiration.

Vous avez une manière singulière et assez récurrente de traiter le pupitre des cordes de film en film. Peut-on parler de signature ?
Les cordes sont le noyau dur de mon écriture. J’aime écrire pour leur sonorité, mais je suis très directif sur les sonorités: l’utilisation des sourdines, un minimum de vibrato, voire pas du tout, un jeu retenu, souvent rythmique et un entrelacs contrapuntiques entre toutes les sections.


Voulez-vous bien nous dire en quoi les deux collaborations fructueuses et continues que vous entretenez avec deux réalisateurs aussi différents que Florent-Emilio Siri et Jacques Audiard enrichissent votre expérience musicale ?
Avec Jacques Audiard, nous sommes dans l’épure, la simplicité frisant la sècheresse. Jusqu’à L’ennemi intime, les musiques pour Florent-Emilio Siri étaient elles, assez riches en minutage, en références, et appuyés sur des codes. Pour ce dernier film, je crois que nous avons fait un pas de côté, et nous sommes désormais plus proches du travail avec Jacques Audiard ou Stephen Gaghan (Syriana) ou même Ang Lee (Lust, caution). Mais toujours avec un seul mot d’ordre : l’émotion.

Propos recueillis par Cécile Carayol
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