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Interview : Antoine De Caunes (desaccord Parfait) [page 1]

Par Laurent Tity - publié le 14 mai 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h37 - 0 commentaire(s)
Avec son troisième long-métrage en tant que réalisateur, Antoine de Caunes marque une nette progression dans son évolution de metteur en scène. Après Les Morsures de l'aube et Monsieur N., l'ancien animateur vedette de Canal prouve qu'il possède un réel talent de cinéaste et qu'il a encore beaucoup de d'histoires à nous raconter... La sortie du dvd de Désaccord parfait arrive à point nommé pour faire un premier mini bilan avec l'intéressé sur une nouvelle carrière pleine de promesses...


Quel regard portez-vous sur Désaccord parfait six mois après sa sortie en salles ?
C’est bizarre parce que c’est un temps intermédiaire. Je me rends compte, car c’est mon troisième film, qu’il faut plus de temps que ça pour arriver à prendre une véritable distance. J’ai évidemment un certain recul sur ce film à présent, mais pas suffisant pour pouvoir en parler de manière tout à fait dépassionnée et objective. Donc ce que je peux en dire, c’est que je suis un éternel insatisfait. Par exemple si personne ne me disait qu’il faut arrêter le montage, rendre la salle, je pourrais très bien continuer encore des semaines. Ca me permettrait de laisser du temps au temps, faire ces pauses qui ramènent un peu de fraîcheur dans le regard. Si aujourd’hui j’ai retrouvé un peu cette fraîcheur, ce que je revois dans Désaccord parfait, c’est tout ce que je ferais différemment, et mieux j’espère ! (rires)

Faites-vous partie de ces réalisateurs qui tournent tout ce qu’ils peuvent et passent ensuite beaucoup de temps au montage ?
Non, je prépare énormément avant le tournage, je sais précisément où je vais, la fluidité que j’espère atteindre dans la narration, le découpage de chaque séquence, les articulations entre les différentes scènes, et d’un point de vue plus général je sais aussi quel tempo je veux insuffler au film. Il m’est arrivé de tourner avec des réalisateurs qui ne se posent pas ce genre de questions et c’est franchement une douleur. Le type de réalisation à la Guy Job en télé, où on met autant de caméras que de personnes sur le plateau et on se donne rendez-vous dans la salle de montage, c’est même absolument opposé à l’idée que je me fais du cinéma. Le cinéma c’est un point de vue, bon ou mauvais, vous avez tort ou raison, mais il faut le tenir ce point de vue.


Quelle importance accordez-vous au montage ?
Une grande importance parce que c’est la dernière phase d’écriture. Mais avant tout il y a l’écriture du scénario et croyez-moi il faut beaucoup de boulot pour arriver à une structure correcte, qui tienne la route. Quelle que soit la nature du film, je ne peux commencer à tourner que si le scénario est irréfutable. Du coup au moment du tournage je sais exactement où je vais, et ça induit plein de choses : le format du film, scope ou pas, la nature de la pellicule, son traitement, les choix de lumière, de cadres, de focales. Par exemple dans ce film je désirais être près des acteurs, je ne voulais pas les avoir à des kilomètres avec des longues focales et les isoler du reste du monde. Ce sont autant de questions qu’on se pose avant et qui au moment du tournage trouvent une application. Et au montage, dernière phase de l’écriture, vous pouvez retailler, resserrer, redonner du rythme ou au contraire étirer, marquer des pauses. La même scène montée de trois manières différentes vous donne carrément trois films différents. J’utilise le montage pour pouvoir réécrire mon film au besoin.


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