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Interview : Antoine De Caunes (desaccord Parfait) [page 3]

Par Laurent Tity - publié le 14 mai 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h37 - 0 commentaire(s)
A voir vos films, j’ai l’impression que vous vous épanouissez plus en tant que réalisateur qu’en tant que comédien. Est-ce que je me trompe ?
Je pense que c’est à nuancer parce que c’est une question de rôle. Je suis tombé deux trois fois sur des rôles où j’ai eu vraiment l’impression de pouvoir faire quelque chose, je pense à L’homme est une femme comme les autres, Au cœur du mensonge ou Là-bas, mon pays… Mais j’ai aussi fait des films où j’avais l’impression d’être dans une mécanique d’acteur, que je faisais aussi cependant avec plaisir, d’abord parce que j’avais envie de jouer, et j’en ai toujours envie. Maintenant il y a la loi de l’offre et de la demande, je ne peux pas inventer des rôles qu’on ne me propose pas. Par exemple je vais jouer dans un film au mois de juin qui est une comédie sentimentale, avec Aure Atika, Marisa Paredes et Victoria Abril, et j’y vais à la fois parce que le scénario me plaît beaucoup, la personnalité de la réalisatrice aussi, tout comme travailler avec ces trois actrices… Mais c’est seulement après, une fois que le film est fini, que vous vous apercevez si oui ou non c’était le bon choix. Par exemple j’ai adoré jouer dans Blanche ce rôle de barje total, j’adorerais interpréter des personnages dans cette veine là, mais encore faut-il qu’on me les propose.


Tandis qu’en tant que réalisateur vous avez plus de liberté…
En tant que metteur en scène j’ai le choix de mes sujets. Et avec le recul je crois avoir fait une erreur stratégique. Après avoir fait de la télé, j’étais tellement hanté par l’idée de me faire admettre comme acteur et éventuellement ensuite comme cinéaste, que j’ai fait une coupure radicale. J’ai eu Les deux papas et la maman comme transition et après mes choix de films ont été volontairement axés sur des personnages plus ancrés dans le quotidien, la banalité… C’était un parti pris, mais peut-être pas le bon.

Et la mise en scène ?
C’est quand même le plaisir suprême. J’ai souvent comparé l’acteur à une touche du piano et le metteur en scène a le clavier à sa disposition, c’est génial ! Il y a cette position de démiurge absolument enivrante, et pour avoir été dans les deux rôles, je ne connais pas de plus grand plaisir à cela. Mais c’est aussi une tâche harassante, avec de lourdes responsabilités, donc c’est très agréable d’aller refaire l’acteur derrière !


Vous avez supervisé la conception du dvd ?
Oui je me suis impliqué. Ca me semble important car, même si c’est un poncif de le dire, la sortie du dvd est une véritable deuxième sortie pour le film. Il y a une telle avalanche dans la production aujourd’hui que plein de gens n’ont pas le temps d’aller voir les films donc la sortie du dvd revêt une importance particulière. Tout comme les suppléments sont importants. Pendant très longtemps j’étais opposé à l’idée même des scènes coupées, et en fait celles que j’ai remises dans les bonus n’ont pas été supprimées parce que mauvaises mais pour des raisons de rythme. J’ai essayé de mettre quelques petits modules un peu plus divertissants également. Si ça ne tenait qu’à moi je mettrais plein d’autres choses ! D’autant que je suis moi-même friand des suppléments quand j’achète un dvd.

Le dernier dvd que vous avez regardé ?
Le film de De Niro, The Good Shepherd, que j’ai regardé ce week end et qui est absolument prodigieux.

Laurent Tity


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