Plusieurs mois après la sortie, et l'énorme succès de
Prête-moi ta main, Alain Chabat porte un nouveau regard sur la belle surprise que fut cette aventure à l'occasion de l'arrivée dans les bacs du dvd. Toujours souriant, toujours sympa, toujours passionné, le plus connu des Nuls sait aussi analyser avec justesse l'état actuel du cinéma, n'opposant pas systématiquement l'art à l'industrie...
Plusieurs mois après la sortie en salles de Prête-moi ta main, que retenez-vous de cette expérience ?Que du plaisir. Le souvenir d’un film bizarrement très fluide à faire. Il y a toujours des obstacles, des difficultés, c’est très compliqué de monter un film, mais pour celui-ci j’ai le souvenir d’une sorte d’état de grâce. Tout le monde était sur la même longueur d’onde, tirant dans la direction d’Eric Lartigau le capitaine du bateau. Et puis bien sûr la sortie en salles, absolument magique.
Effectivement le film a rencontré un énorme succès au box office, ce n’était pas vraiment prévu dans ces proportions…Pas du tout en effet. On espérait évidemment que ça marche, mais on n’imaginait pas connaître un tel succès. Généralement quand on fait un film, tout le monde regarde juste à partir de combien d’entrées personne ne perd d’argent. Je disais à Eric Lartigau au moment de la sortie que de toute façon maintenant on ne pouvait plus décider de rien, que le film ne nous appartenait plus et qu’il était donc inutile de se prendre la tête. Je lui ai dit que les gens aimeraient ou pas mais que moi ça me plaisait et que s’il ne fonctionnait pas tant pis, que je revendiquerais toujours ce film. Encore une fois, une sortie en salles est tellement compliquée que si ça ne marche pas, il faut se demander si au moins on est content du film, si on en est fier.
Il y a donc eu cette reconnaissance du public mais également la reconnaissance de la profession avec trois nominations aux Césars, pour une comédie…Oui incroyable ! En plus pour les trois comédiens principaux, c’est-à-dire Charlotte, Bernadette et moi. J’ai fait remarquer à Eric que c’était surtout une reconnaissance de son travail. Et même si ce sont des médailles en chocolat qu’au fond on s’en fout un peu, ça fait quand même plaisir. Mais heureusement, ce n’est pas le seul baromètre pour évaluer la qualité du travail fourni. Ce qui importe c’est le public.