Vous êtes saouls dans cette scène ? Oui, je me suis bien bourré la gueule. Bosser bourré, c’est bien, non ? C’est un luxe que je me suis permis.
Y a-t-il eu beaucoup de scènes coupées ? Il y a surtout eu beaucoup d’improvisation mais l’improvisation empêche parfois de tourner la scène suivante et apporte des informations qui n’ont pas toujours leur place dans le film.
Est-ce qu’il y avait un désir de prendre à contre-pied avec ce film qui peut ne pas répondre aux attentes de vos aficionados ? Si je fais ça dans le traditionnel, c’est pour parler d’autres choses. Je passe 16 heures sur ma boîte de prod. Je n’ai pas assez de temps pour bosser sur mon second long. Mais je ne veux pas parler de cul, tout le temps. Ça prend du temps à gérer une petite entreprise comme la mienne, mais au moins je peux bosser chez moi à poil toute la journée.
Il y a presque quelque chose de déviant dans On ne devrait pas exister. Mais je suis un être déviant pour l’extrême droite. En politique, il n’y a que José Bové qui a dit que les films pornos étaient sains pour les taulards. C’est le seul qui ait eu un discours politique sur l’industrie du porno. Après, tout le monde en regarde et tout le monde le critique.
On a l’impression que vous étayez aussi le complexe d’être un hardeur dans la vie de tous les jours et de manquer de reconnaissance. Je ne vais rien t’apprendre en te disant que le milieu du porno est très machiste. Pour une actrice, c’est plus dur parce qu’elle est forcément ghettoïsée. Quand tu fais actrice porno, tu es sûre de ne pas pouvoir faire caissière dix ans plus tard parce que les gens te reconnaîtront. Dans notre société, on voit d’un bon œil un étalon mais pas une nana. J’ai sûrement été confronté à des rejets mais c’est comme ça. Dans le milieu porno, je pense qu’on est suffisamment con pour se ghettoïser soi-même. Je pense en même temps qu’il existe des gens de bonne volonté qui ne sont pas là que pour juger. Non seulement on n’est pas de bons comédiens mais surtout on n’est pas très fins, souvent (
il éclate de rire). Du coup, on se met nous-mêmes dans des situations délicates. Après, on est confrontés à la connerie des autres. Ils nous envient, quelque part. Le porno est mal vu par la famille et par la société. Il n’est bien vu qu’au travers d’un film et dans l’univers fantasmatique. Mais côtoyer en vrai dérange beaucoup.
Propos d’HPG recueillis par RLV