A l'occasion de la sortie en DVD de
Dying God, le premier long-métrage de la société Metaluna Productions, nous avons interviewé son réalisateur Fabrice Lambot pour qu'il puisse revenir avec nous sur la phase de gestation de ce film et plus encore.
Dans les bonus du DVD, vous parliez de un an de pré-production. Vous pouvez nous dire comment cela s'est passé, au niveau de l'écriture notamment ?En fait, c'était un peu moins. Nous avons commencé à travailler sur le film au mois d'avril 2006 et comme nous savions que l'histoire s'inspirerait d'une légende argentine et que la production serait localisée à Buenos Aires, nous avons engagé deux scénaristes argentins. Ils ont fait une première version du scénario qu'ils nous ont donné en juillet, avec une trame très similaire à ce qu'elle est aujourd'hui même si j'ai quand même fait appel à mon co-scénariste, Jean Depelley, pour que l'on retravaille les personnages. Est venue ensuite, début 2007, l'étape des voyages à Buenos Aires pour la pré-production, avec les repérages, monter une équipe technique. Nous avons d'ailleurs eu un problème à ce niveau-là, avec les effets spéciaux, car la créature n'était pas terminée à 100%. Enfin, en avril a commencé le tournage qui était au départ prévu pour 21 jours, mais en réalité nous en avons fait 22 et demi sans compter une autre journée, un peu après, pour retourner des plans de la scène du hangar où nous avions essuyé une énorme catastrophe.

Et du côté du budget ?En premier, il y a la société d'un ami avec qui j'ai fait mes premiers courts, Buenos Aires Rojo Shocking, qui n'a cependant mis aucun centime dans la production : elle nous servait en fait de plate-forme de production, pour organiser le tournage en Argentine. En réalité, ce sont nos fonds propres qui ont servi au budget. Nous avions déjà investi dans du matériel pour monter notre société et, si nous nous étions limités à un certain budget, au bout du compte nous l'avons explosé avec par exemple la présence de Lance Henriksen et d'autres choses, doublant nos 200 000 euros de mise de départ. Mais bon, nous savions que nous gardions le contrôle du film, ce qui évitait pas mal de galères. D'ailleurs j'ai fondé Metaluna Productions avec Jean-Pierre [
Putters, ndlr], pour ma part, parce que je m'étais fait balader pendant un an par une société de production sur deux projets, un court et un long qui était pourtant bien avancé, et que je voulais éviter de reperdre mon temps comme ça. Pour nous,
Dying God était donc l'occasion de se faire une première expérience dans le format long, avec un petit côté old-school - grindhouse - qu'on voulait en marge du cinéma d'horreur actuel tout en se faisant plaisir en citant le cinéma qu'on aime. Alors, c'est sûr que le film a quelques défauts, mais il faut savoir que l'on a dû tout faire de nous même de A à Z, comme contacter la Screen Actors Guild pour avoir Lance. Ce qui faut se dire, c'est que nous sommes maintenant mieux armés pour l'avenir !