Pour revenir aux films à twist, est-ce que vous avez vu Saw, de James Wan?Je n’aime pas beaucoup. Je trouve déjà que Carry Elwes joue très mal. Alors que je l’adorais dans
Princesse Bride. Le concept du film était chouette, le twist était très bien aussi. En revanche, j’ai moins accroché au film. Vous avez d’autres films avec des twists marquants?
Crying Game, de Neil Jordan?Je ne l’ai pas vu mais tout le monde m’a raconté le twist. Tiens, un film à twist que j’aime beaucoup, c’est Neuf Reines, de Fabian Bielinsky. J’ai adoré. Je suis allé voir le remake sans faire exprès un jour (
NDR. Criminal, de Gregory Jacobs avec John C. Reilly et Diego Luna) et je pensais tomber sur un film américain de plus. Puis plus le film avance, plus je commence à reconnaître les Neufs Reines. Et je suis sorti au bout de vingt minutes. L’original était génial.
Pour revenir sur l’expérience de Big Nothing, on aurait pu vous attendre au tournant après Dead end avec un nouveau film d’horreur et finalement vous avez réalisé un polar inspiré par Guy Ritchie et Quentin Tarantino. Pourquoi?Je ne voulais pas continuer dans le genre horrifique. En tout cas, pas tout de suite. Je ne voulais pas devenir le mec qui réalise seulement des films d’horreur ni même celui qui va être engagé à Hollywood pour faire un remake d’
Halloween ou autre. Personnellement, je ne vois pas l’intérêt de refaire des classiques. Cinématographiquement, je ne vois pas moi personnellement comment je peux faire mieux. Je ne me sentirais pas honnête mais plutôt minable. Je trouve qu’on apprend plus en essayant des genres différents. Par exemple, j’ai envie de faire un western. Dans tout ce que j’écris, il y a toujours une dimension noire. Je suis d’ordinaire quelqu’un d’assez heureux et ça doit développer sans doute dans mon imagination quelque chose de très sombre. Je ne suis pas quelqu’un de mélancolique. Mon univers, c’est le jeu de rôles, le métal, le gothique. Je trouve que dans ces registres, tu as une créativité musicale et graphique. C’est mon truc visuellement. Jeune, j’étais grimé de partout. Ça ne m’empêchait pas d’être heureux. Je ne suis pas dans le trip gothique dépressif. Je suis un métallo-gothique joyeux. De la même façon qu’il y a une vraie créativité dans les films d’horreur. C’est là qu’il y a des gens passionnés en général.

Est-ce que sur Big Nothing, vous avez eu autant de liberté que sur Dead End?Paradoxalement non. Déjà parce que les circonstances de production étaient différentes. C’était plus compliqué et il y avait plus d’argent. Et comme l’argent était anglais, on a dû le tourner au Pays de Galles et au Canada alors que l’action est censée se dérouler dans l’Oregon. Un plan de travail excessivement difficile. Des contraintes de tournage. Des trucs à faire qui ne sont pas logiques. Avec même de poser la caméra, il fallait savoir si c’était possible en terme de production. Sur
Dead end, on avait des contraintes de fric mais on avait plus de liberté. Quoiqu’il en soit, on a réussi à faire les transitions. Mais c’était fatigant.
Etes-vous sensible à la peur au cinéma?Oui. Je me souviens que le film qui m’a le plus fait flipper, c’est
La nuit des morts vivants, de George Romero. Je suis allé le voir au cinéma quand j’avais 11 ans. A l’époque, c’était interdit aux moins de 12. J’étais fier de m’être introduit dans la salle. J’ai fait des cauchemars toute la nuit. Je me suis dit que je n’aurais jamais dû aller voir ce film! Et pour revenir à ta question précédente, bien que ça ne soit pas un twist, j’ai adoré la fin de La nuit des morts vivants. A l’époque, le nihilisme m’avait profondément traumatisé.
Propos recueillis par Romain Le Vern