Par Sabrina Piazzi - publié le 06 janvier 2008 à 21h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h34 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de la sortie du très beau et sensuel Lady Chatterley, film surprise récompensé par 5 césars, en DVD le 9 Mai prochain, nous avons rencontré la réalisatrice Pascale Ferran :

Dix ans se sont écoulés depuis votre précédent film, L'Age des possibles. Qu'avez-vous fait durant tout ce temps ?
J'ai fait plein de choses. Dans un premier temps je n'avais pas de désir immédiat et évident, d'histoire à raconter au monde. J'ai donc travaillé assez longuement comme co-scénariste, pour Mange ta soupe (premier film réalisé par Mathieu Amalric), et sur un gros projet qui n'a pas vu le jour. Deux ou trois ans ont passé, j'ai travaillé sur un projet personnel mais assez vite je me suis dit que je n'allais pas arriver à l'écrire. J'ai fait ensuite un documentaire sur la musique. J'ai aussi dirigé le doublage français d'Eyes Wide Shut, qui a été une expérience extrêmement passionnante. Et puis après, Pierre Trividic (son co-scénariste) et moi nous sommes mis à écrire Paratonnerre, qui nous a demandé deux ans. Un projet de film un peu cher.


Que racontait ce film ?
C'était une sorte de conte de Noël, une histoire d'amour fantastique, avec une personne qui avait des pouvoirs paranormaux. Un film à la fois sombre du côté du personnage féminin et féérique et drôle du côté du personnage masculin. J'ai fait le casting mais nous ne sommes pas parvenus à le financer. Si ce film s'était fait, il aurait été terminé il y a trois-quatre ans. C'est en sortant de cet échec, que j'ai lu Lady Chatterley et l'homme des bois. D'emblée l'histoire a commencé à me hanter. J'ai basculé très vite sur ce projet, je l'ai écris et préparé très vite. Je n'ai pas du tout passé dix ans sur la préparation du film.

Combien de temps a-t-il été nécessaire pour écrire le film ?
Neuf mois, à la fois pour la version télévisuelle et la version cinéma, ce qui n'est pas beaucoup pour un livre de 500 pages. Dès que la phase d'écriture s'est terminée, je suis passée au casting le lendemain. Il n'y a pas eu de mûrissement du projet, tout s'est enchaîné extrêmement vite.

Comment s'est déroulée la phase de financement ?
Ce film est un cas très spécifique. Il y avait un double financement, ce qui est rare. La moitié du financement venait de la télévision pour la version téléfilm, et l'autre moitié venait du cinéma pour la version long métrage. Pour trouver le financement du côté téléfilm, nous n'avons eu absolument aucun problème puisqu'Arte s'est impliqué très vite dans le projet…


Arte qui avait déjà financé L'Age des possibles…
Oui mais L'Age des possibles était un tout petit financement, qui pour Arte était vécu comme une expérience de travail avec des jeunes comédiens. Ce film avait besoin d'un peu d'argent et c'est Arte qui nous a accueilli. Ce qui est vrai c'est que c'est grâce à L'Age des possibles que j'ai rencontré Pierre Chevalier, qui dirigeait l'unité fiction téléfilms de la chaîne, qui est une personne avec qui j'ai pu créer des liens de travail vraiment agréables. Pour cette première partie de financement, on ne pouvait donc pas imaginer plus simple, avec de plus un grand enthousiasme de leur part. Arte plus le fond de soutien lié à la chaîne faisaient la moitié du budget. Sur l'autre moitié du budget, pour la partie cinéma, cela a été plus compliqué, et le producteur a trouvé finalement de l'argent qui venait des aides aux régions, des co-productions belges. Il nous manquait encore 3 millions de francs. Le producteur pensait que ce serait assez simple et que soit Canal + rentrerait ou FR3 cinéma, soit Eurimages. Il suffisait que l'un des trois rentre pour que le film soit assez tranquille. C'est un film avec une économie très serrée. Aucun des trois n'est rentré, chacun pour des raisons précises. Canal + en particulier n'est pas rentré à cause d'Arte qui préparait une version télé. Evidemment Canal + serait rentré si Arte ne s'était pas investi dans le film. Donc on ne peut pas leur jeter la pierre… Mais Canal + a fini par acheter le film.

Comment tout cela s'est terminé alors ?
Le producteur a endetté sa société pour une part, le vendeur à l'étranger a essayé de mettre plus d'argent, on a trouvé un petit co-producteur français qui a mis un peu d'argent de son côté et après, on a essayé de resserrer encore le budget et on a fini finalement avec des bouts de ficelle….(rires).


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