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Interview : Richard Bohringer [page 1]

Par Gwenaël Tison - publié le 28 mai 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h40 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de la sortie en DVD de son premier film entant que réalisateur, nous voulions revenir d'une part sur le film lui-même puis sur l'édition DVD.
Le sourire gorgé d'humanité Richard Bohringer incarne l'un des rares acteurs à avoir marqué de sa prestance le cinéma français, et à ne pas avoir sa langue dans sa poche.

Quel regard portez-vous sur C'est beau une ville la nuit après sa sortie en salle?
Le même, j'aime ce film basta.

Je pense ne pas être original en vous disant que le film semble très libre, voir trop aux yeux de certains. Comment réagissez-vous lorsque l'on vous dit qu'il a un côté « bordélique »?
Je les renvoie à leurs chères études... Quand à trop libre... Qu'est ce qui peut être trop libre !


Justement, le film est librement inspiré du livre que vous avez écrit il y a près de 20 ans. Je pense qu'on se trompe beaucoup lorsqu’on réduit les adaptations de livres au cinéma à la seule narration du livre sans prendre les libertés que vous vous êtes permis. C'est à mon sens une des grandes forces du film.
Je suis entièrement d'accord, non seulement sur le fait que c'est sa grande force, et sur le fait que c'est assez fou d'aller voir un film sur un écran avec le livre à la main. Ça n'a rien à voir. Même les grands cinéastes ont été obligés lorsqu'ils ont fait des adaptations.
Par exemple, je pense à Au dessus du volcan de Michael Lloyd. Un bouquin avec 17 000 portes d'ouverture, 17000 axes par lesquels on pourrait raconter l'histoire, et ainsi de suite. Houston, un des très grands cinéastes, un de mes maîtres, il a pris une porte. Alors évidemment d'aucun ont critiqué le film en disant : "c'est pas cette porte là qu'ils auraient prise". C'est beau une ville la nuit est donc inspiré librement des trois bouquins que j'ai écrit : C'est beau une ville la nuit, Le Bord intime des rivières, et L'Ultime conviction du désir.

Ce que vous avez vécu entre le livre et le film a du jouer sur la liberté d'adaptation ?
Je ne fonctionne pas comme ça non plus. Il n'y a pas d'ordonnance du tout dans la vie. Ca part d'un enthousiasme.

Vous arrivez à embarquer le spectateur dans une incroyable aventure où vous parlez de choses simples et essentielles comme l'amitié, la musique, l'amour, les voyages... En somme, une véritable déclaration d'amour pour la vie.
Peut-on dire dans ce sens que le film est un pari très risqué dans un cinéma français un peu trop lisse dirigé par des costard-cravates qui méprisent souvent le talent des comédiens et aussi l'intelligence du public ?

Vous savez, ça serait peut-être pas classe de ronchonner par rapport à ça. Par rapport au film, les gens qui auraient pu le faire exister me l'ont jeté à la gueule, c'est clair. Carrément jeté à la gueule. Des proches que j'ai aidé par le passé devenus maintenant producteurs m'ont dit : "oui c'est Richard, c'est un cri, mais commercialement bon courage". C'est quoi ça?
L'année dernière, quand on l'a présenté aux sélections parallèles à Cannes, le film a été refusé par toutes les sélections parallèles. Comme si le film était rien. Comment voulez-vous qu'au delà de mon sourire, au delà de cette volonté d'existence que je peux avoir, au delà du fait que je me relève pas la nuit pour admirer mon œuvre et ainsi de suite…que j'ai pas envie de leur dire : "c'est un pet too much vos réactions contre ce film".


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