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Irak Et Cinema : Histoire D'une Detestation [page 1]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 19 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 19 octobre 2009 à 17h38 - 0 commentaire(s)
La Seconde Guerre mondiale eut son lot de films de propagande, celle du Vietnam, son lot de brûlots alors que la Première Guerre du Golfe ne compta in fine que peu de films d’ampleur (Jarhead - la fin de l'innocence, Les Rois du désert, A l'épreuve du feu…). La seconde au contraire semble avoir inspiré Hollywood et plus sûrement encore, entre patriotisme et critique acerbe, tous ceux qui voulaient montrer au Président qui la décida le poids de son erreur. En effet, là où Les Bérets verts osait auparavant sauver l’image de l’armée sous l’influence contestable de John Wayne, la Guerre d’Irak a paru avoir d’emblée perdu la bataille du cinéma. Retournons donc sur les films qui la présentent pour mieux saisir cette position tranchée.



Une guerre injuste saisie par une fiction sans merci…

Laissée aux grandes signatures d’Hollywood, la Guerre d’Irak que l’on rappellera au passage contraire au Droit international a d’abord eu contre elle d’être justifiée par une somme de mensonges sans précédent dans l’histoire récente des Etats-Unis. Ainsi, des armes de destruction massive au spectre d’une armée dangereuse pour le monde – idée déjà exploitée lors des années Bush père -, cette agression américaine contre un Etat aussi sanguinaire que souverain ne déchaina pas les foules majoritairement démocrates de Californie. En effet, si l’on parcoure la filmographie s’y rattachant, on ne trouve nulle trace de films justifiant cette guerre ou la présentant sous un jour comparable à celui des médias inféodés aux édiles républicains et à leurs confrères faucons de Washington. C’est au contraire la litanie des blessures, des traumas et des exactions de l’armée américaine qui fait le lit de tous les métrages qui en parleront.

Fahrenheit 9/11 pourrait en être l’un des points de départ. Dans une certaine mesure, il s’attaque comme le feront par la suite tous les documentaires s’appesantissant sur George Walker Bush à l’incroyable absence de légitimité et d’autorité qui frappe le déclenchement de cette opération hélas sans précédent. Mais c’est au regard de la fiction que le problème irakien prend toute sa mesure et que s’esquissent les grandes lignes de fracture entre le gouvernement américain et les tenants d’un entertaining virulent et contestataire. Ainsi, si Team America police du monde peut être lu dans cette optique, c’est surtout les films qui suivront qui en attesteront.



American soldiers mettra par exemple en exergue l’inexpérience au combat des jeunes recrues envoyées au front malgré son accent héroïsant. Quant au Jarhead - la fin de l'innocence de Sam Mendès sorti en 2005, il propose une confrontation allusive entre les deux guerres qui eurent lieu dans la région. Et dans un certain sens, il instille aussi en parallèle l’inutilité du conflit et ses objectifs inavoués, notamment dans le fait de montrer une jeunesse désemparée, expatriée et en grande difficulté malgré la facile victoire qui se dessinait. Mais c’est assurément le film d’Irwin Winkler, Les soldats du désert, qui réservera le sort le moins glorieux à la monstration d’une guerre injuste et traumatisante pour les GI’s de retour au pays. En effet, n’hésitant pas à révéler l’infirmité, la faiblesse psychologique ou la folie de ceux qui en reviennent, ce film jamais distribué en France autrement qu’en DVD compile sur le sujet la vigueur du Full Metal Jacket de Stanley Kubrick et l’ampleur dévastatrice de Né un 4 juillet, en insistant sur le sort indigne réservé aux vétérans.


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