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Jane Birkin Et Serge Gainsbourg, Emblematiques [page 3]

Par Nicolas Houguet - publié le 23 juillet 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h17 - 0 commentaire(s)
Gainsbourg pourtant a toujours cherché à exprimer sa très grande sensibilité dans l'art. Il commença en tant que peintre, sans rencontrer la reconnaissance. Il ne rencontra pendant ces treize ans de tentative que la bohème et la frustration. Au bout du compte il finit par détruire toute son oeuvre (à 30 ans) et se consacre à la chanson. Pourtant il cherche un autre moyen de s'exprimer. Il fait l'acteur dans des Peplums assez drôles où il est toujours le fourbe et le traitre. Enfin il est choisi par Pierre Grimblat pour tourner dans Slogan, avec un rôle écrit pour lui, qui lui permet de se montrer pour la première (et rare) fois, tel qu'il est au naturel. Ensuite il apparaît dans d'autres films assez anecdotiques auprès de Jane.


En 1975, première réalisation avec Je t'aime moi non plus, film narrant l'amour d'un camionneur homosexuel et d'une fille androgyne, serveuse dans un bar miteux. On sent que Gainsbourg veut une réalisation ambitieuse et sophistiquée. Le ton est volontairement décalé, le film dédié à Boris Vian. On sent quelque chose qui tend vers du Bertrand Blier mais hélas sans la cohérence ni le souffle d'un style de cinéaste. Du film, on ne retient cette impression de vulgarité toujours affectée chez Gainsbourg, comme un effet de style pour un homme chez qui elle n'est pas naturelle, un goût pour la provoc gratuite aussi, très apprêtée aussi. On sent l'intention de faire quelque chose de sophistiqué, de dérangeant et de décalé. Seulement ça ne prend pas. La perplexité demeure devant ce film raté, même si on éprouve de l'admiration pour son réalisateur, on a bien du mal à accrocher. Les mêmes réserves peuvent s'appliquer à ses autres films, Equateur, Charlotte for ever, Stan le Flasheur. On sent la volonté, l'ambition, une vraie volonté d'esthétisme dans de longs plans contemplatifs en abordant des thèmes controversés. On aimerait pouvoir aimer, retrouver cette tendresse qui nous lie au compositeur et au personnage. Mais on s'ennuie souvent, on ne retient que des tentatives pas très abouties, comme des déclarations d'intention ou des promesses pas tout à fait tenues. Un cinéma lent et poussif, souvent prétentieux et bardé d'aphorismes, d'une vulgarité pas toujours justifiée. Le constat cinématographique est donc assez amer.


On préfère se souvenir de Slogan, lorsqu'il était spontané et qu'il ne forçait pas son personnage. Ce naturel auquel il aspirait sans doute en tant que cinéaste et qu'il ne retrouva jamais.
Alors les revoir tous deux dans toute leur spontanéité, c'est se souvenir de leur union hors normes, un couple merveilleux et libre, à la belle complicité. Slogan nous rappelle de ce que furent Jane et Serge, ce qu'ils incarnèrent, comment ils ont marqué l'imaginaire collectif. Et c'est émouvant de les retrouver dans ce film qui profite de leur belle rencontre et qui en demeure le plus beau témoignage.
logAudience