Par La Rédaction - publié le 11 juillet 2008 à 06h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h16 - 0 commentaire(s)
Ce n’est pas pour faire un parallèle avec son personnage dans Requiem for a dream mais Jennifer Connelly revient de loin. Ses parents (papa ouvrier, maman commerçante) l’ont élevé entre Brooklyn et Woodstock. Après deux trois pubs rémunératrices, elle est choisie à l’âge de 14 ans par le grand Sergio Leone pour incarner une danseuse dans Il était une fois en Amérique. Son rêve (devenir actrice) devient réalité et c’est le début d’une carrière étrange, parsemée d’authentiques fulgurances discrètes. A dire vrai, elle est craquante partout, même dans les mauvais films. Labyrinthe, de Jim Henson, où Jennifer joue les Punky Brewster vaillantes, lui donne l’occasion de jouer aux côtés de David Bowie qui, en tyran affublé d’une perruque édifiante, chante en chœur avec des gobelins l’inénarrable Magic dance. Depuis, la chanson au refrain entêtant est devenue culte (pas autant que Ashes to ashes d'accord mais quand même). Argento la repère chez Leone et se donne l’opportunité d’assouvir une nouvelle fois ses fantasmes macabres en mettant en scène de jeunes actrices débrouillardes, comme sa fille par la suite ou encore Jessica Harper, dans Suspiria. Sous la caméra du maître de l’angoisse, Jennifer devient l’ami des insectes et des singes. Surtout, elle découvre l’identité d’un tueur au faciès peu avantageux (héritage Nicholas Roeg oblige). Avoir peur avec elle chez Argento procure un plaisir voluptueux. La liste est encore longue. Qu’ils soient bons ou mauvais, tous les films dans lesquels elle joue possèdent une aura culte, du rarissime Etoile, de Peter Del Monte à l’excitant The Hot Spot, de Dennis Hopper en passant par le phénoménal Requiem for a dream où elle se donne corps et âme ou encore Dark City, d’Alex Proyas. Par la suite, elle a confirmé ce que l’on attendait d’elle que ce soit dans la case intimiste (les très mésestimés Le fantôme de Sarah Williams, de Keith Gordon et House of sang and fog, de Vadim Perelman où elle était sublime d’émotion contenue) ou du gros block-buster (le pathologique Hulk, d’Ang Lee). Sur une si bonne lancée, la suite de sa carrière s’annonce aussi passionnante en espérant qu’elle continue de stimuler l’inspiration des cinéastes les plus actuels et prometteurs tant chacune de ses apparitions ressemble à un émerveillement.



REQUIEM FOR A DREAM - LA CLASSE ULTIME
A l’origine, Darren Aronofsky n’avait pas pensé à Jennifer Connelly pour incarner l’un des personnages principaux de cette descente aux enfers mais à Milla Jovovich. Non seulement cela aurait été extrêmement cliché mais surtout l’histoire aurait perdu de son impact émotionnel. L’un des atouts du film consistant à confronter des acteurs d’univers hétéroclites et loin de leurs rôles usuels pour toucher différentes cibles de public. Même à la revoyure, cette descente aux enfers convulsive qui raconte des histoires de dépendance de quatre points de vue différents avec une utilisation consommée des split-screen pour traduire une scission entre des individus qui tendent à s'éloigner, possède une puissance inouïe, d'une cohérence presque maladive. Contrairement à ce que certaines mauvaises langues ont essayé de colporter pour faire les intéressants blasés, ce n’est pas un film moralisateur qui tente de dissuader n’importe quel consommateur de drogue. Mais une parabole tripale et déchirante sur l’incommunicabilité qui en creux montre la réalité des relations humaines, les rêves brisés, l'attente de la reconnaissance sociale, l'obsession qui gangrène progressivement le cerveau. Une œuvre riche et visuellement incomparable. Toutes les scènes qui la composent sont mémorables (l'émission de télé qui entre directement dans l'appartement de Sarah Goldfarb), avec des instantanés de folie sublimes, des acteurs aux antipodes de ce que l'on connaissait d'eux (Marlon Wayans) ou revenus de loin (Ellen Burstyn), des personnages déchus voués à l'isolement et la solitude qui fredonnent le même spleen existentiel et surtout, une musique. Une musique terrible qui colle voire guide le film dans toute sa splendeur éclatée. Inestimable et chavirant, rien de moins. Depuis, Aronofsky est devenu l’un des meilleurs cinéastes américains en activité et Jennifer Connelly, alors oubliée, a relancé sa carrière. Après le requiem, la renaissance et la reconnaissance.



UNE PLACE A PRENDRE – LA CLASSE ADOLESCENTE
Avant qu’il ne plonge dans les profondeurs des scénarios pour enfants les plus racoleurs (Denis la Malice, Maman j’ai raté l’avion et autres Beethoven), John Hughes donne aux amateurs des comédies adolescentes qui ont fait son succès (Breakfast Club, Une Créature de Rêve) un dernier baroud d’honneur avec ce Career Opportunities. On y retrouve Frank Whaley (qui après l’excellent Swimming with sharks, perdra malheureusement les faveurs des premiers rôles) en adorable looser idéaliste, pour l’instant garde de nuit/concierge d’un soir au Target local, une sorte d’IKEA généraliste. Alors qu’il tente de tuer le temps, il tombe alors nez à nez avec la jeune Josie (Connelly), fille d’un riche industriel qui, s’ennuyant d’une vie trop lisse et rangée, a tenter de fuguer et s’est retrouvée elle aussi enfermée dans la grande surface. Les deux ados vont se trouver des points communs avant que deux cambrioleurs ne débarquent. Posant le personnage de Jennifer en idéale petite amie que tout un chacun rêverait d’avoir, le réalisateur Bryan Gordon (depuis cantonné à la télévision avec enter autre Curb your Enthusiasm ou The Office) place pour le public, l’actrice en véritable révélation adolescente (alors qu’elle en est presque à son dixième film et a déjà dépassé la vingtaine), celle-ci semblant d’ailleurs s’amuser comme une folle en passant de la révoltée guindée à la petite amie énergique. La belle étale ainsi une fraicheur et une légèreté idéale pour ce genre de film et, malgré le succès relativement confidentiel de la chose (sans doute le manque d’ambition du projet, qui n’est au final « qu’une » comédie adolescente un peu relevée), le métrage fini de la rendre adorablement désirable.


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