Coffee and Cigarettes (2004)Clope au bec, café sur table… Les conversations peuvent démarrer. Rencontre du noir avec le blanc, de la nicotine avec la caféine, du rock avec le rap,
Coffee and Cigarettes se regarde comme un choc perpétuel, aussi gracieux que délicat, enrobé par une fumée photogénique. Cette fumée, qui nous attire d’une table à l’autre est le médiateur de ces rencontres et nous offre un point de vue sur ces conversations de bar parfois vides, parfois drôles ou émouvantes mais perpétuellement portées par cette volonté de capter l’instantané. Nous aussi, à table, intimes et complices des conversations menées avec humour et passion, nous découvrons l’enchantement du comportement humain au détour d’un geste, une parole, un regard. Les rencontres de
C&C révèlent de véritables personnages, des humains dont le ridicule, la grâce ou les talents de conteur participent à nous plonger au sein d’un quotidien sublimé. Autour d’une petite tasse à café, les choses se disent en face, sans détour, les yeux dans les yeux et la rencontre, si frontale, met en exergue les émotions et les sentiments. Filmeur attentif, le cinéaste derrière la caméra a tout compris du café et de la cigarette qui l’accompagne. Ils sont les éléments déclencheurs de grands et petits instants, tous aussi vitaux que l’air que nous respirons. Air, Coffee and Cigarettes... Tout ce dont nous avons besoin.
Broken Flowers (2005)Sherry : Une enveloppe rose et tout commence. Sherry, elle, s’en va.
Laura : J’ai recouché avec elle. Sa fille est bien plus jolie... La lettre que j’ai reçu semble n’avoir aucun lien avec Laura. Malgré tout le plaisir que j’ai eu à la revoir, rien ne sert de rester, ce serait perdre mon temps et il paraît que j’ai mieux à faire. Je dois me fier au plan de Winston. Même si ce n’est pas très important. Je commence à douter de la lettre, je ne sais pas pourquoi. Son intérieur m’angoisse et la déco me fait flipper mais elle à l’air heureuse. Là avec moi dans le lit. Ou sans moi, aussi... En fait je n’en sais rien. Ca ne m’intéresse pas vraiment je crois.
Dora : L’angoisse. Je n’aurai jamais dû partir à sa rencontre... La revoir m’a filé un sacré coup de bourdon et m’a fait replonger quelques années en arrière. Ce n’est pas beau à voir la vieillesse. La sienne comme la mienne. C’est triste à dire mais la vie de famille ne me va pas. En tout cas cette vie de famille ne ma va pas. La table est bien mise mais la nourriture n’a pas de goût. Pas comme au restaurant avec Winston. Elle est vieille, comme moi. Malheureuse, comme moi.
Carmen : A certainement dû connaître un bon nombre d’hommes pour finir par discuter avec des chiens. C’est triste. J’aurais peut-être pu faire quelque chose pour elle si on était resté ensemble. Mais non. Mes premiers regrets ? Je ne pense pas. Je ne suis même pas sûr de pouvoir en avoir. La lettre, j’ai oublié. C’est un prétexte, rien d’autre. A retrouver ces femmes, je commence à me rencontrer moi-même. Cet enfant de 19 ans derrière lequel je cours n’est-il pas simplement une jeunesse disparue, une vieillesse étroite dans laquelle je ne peux m’épanouir... Elles aussi sont vieilles. Elle, carrément folle. Bien loti le bonhomme. Qui est dupe ?
Penny : Un coup de poing dans la gueule. Ca rétablit quelque peu les idées et c’est trop rare pour passer à côté. Malheureusement il est peut-être trop tard pour se réveiller. On revient à Sherry qui est bien partie. Elles sont toutes parties. Aimées et parties. Moi ? Seul...