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Joe Carnahan : Un Debut De Carriere Fracassant [page 3]

Par David Brami - publié le 05 février 2008 à 05h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h50 - 0 commentaire(s)
Et ce dernier film en date de porter à bout de bras toutes les préoccupations du réalisateur. Encore une fois scénariste sur le métrage, l’œuvre que les fans de Narc verront déjà comme une trahison fouillis des valeurs de l’artiste se révèlera ainsi plus comme un premier Best Of du réalisateur : montage Nerveux et parfois épileptique (The Hire), préoccupations humanistes (Narc, The Hire), comédie déjantée (BGB&O) et goût pour un esthétisme pimpant encore une fois photographié par Mauro Fiore (The Hire, mais aussi The Rock et The Island de Michael Bay ainsi que le futur Avatar de James Cameron) qui s’occupera cette fois de la majorité du métrage, poussant à nouveau la thématique de l’apparence trouble du réalisateur à son paroxysme. Déséquilibré pour les uns, Mi$e à Prix est en quelques sortes le baromètre d’un auteur qui n’oublie ni ses origines, ni son besoin de fun, ni ses considérations personnelles, le tout monté dans un crescendo qui prend aux trippes, aidé de la musique de Clint Mansell (Requiem for a Dream, The Fountain). Tant film choral (rarement on aura vu un tel concentré de talents, de Alicia Keys à Ben Affleck en passant par Ray Liotta, Jason Bateman, Jeremy Piven, Andy Garcia, Peter Berg, Ryan Reynolds…) que polar politico-hardcore (le réalisateur a annoncé à la salle du festival de Cognac où le film a emporté le grand prix ex-aequo : « ne gardez qu’un mot à la vision du film : Irak », et tout le monde se bat pour mettre la main sur un personnage nommé Israël (!!!)), le film se pose comme une véritable pièce d’orfèvre pour qui possède l’attention nécessaire afin de se faire happer par la chose.


Filmé avec une frénésie évitant pourtant tant que possible les effets faciles des plans tarabiscotés (Joe et son monteur ont simplement eu recours à un montage serré afin de ne pas alourdir la narration qui se voulait fun et concise) Mi$e à Prix s’impose autant comme un film à méditer qu’à apprécier pour ses élans bourrins et comiques, ce grâce à une structure binaire bien définie et qui fera sans doute bientôt école. En attendant, on est content de ne pas avoir raté le train du progrès, d’autant que de nombreuses rumeurs font déjà état d’une suite, et on a hâte de voir comment Carnahan traitera la chose, le présent métrage possédant une fin sans issue. En attendant, on guettera évidemment le prochain Killing Pablo, sorte de biographie du trafiquant colombien Pablo Escobar (mettant en scène Christian Bale et Xavier Bardem) avant la plongée dans le film noir des années 60 que sera White Jazz. Une chose est certaine : Carnahan ne manque pas de projet, et on s’en réjouit d’avance.



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