Si
Kad Merad triomphe désormais en tant qu'acteur incontournable du paysage cinématographique français, c'est notamment grâce à
Bienvenue chez les Ch'tis.
Né le 27 Mars 1964 à Sidi Bel Abbes en Algérie,
Kad Merad choisit la voie artistique dès son adolescence, en participant à différents groupes de rock en tant que chanteur mais aussi batteur. Quelques cours de théâtre plus tard, dirigés par Jacqueline Duc, il se fait engager par la radio rock parisienne OUI FM, et forme d'ores et déjà avec Olivier Baroux un duo d'animateurs hors normes, dans une émission intitulée
Rock'n'roll Circus. Nous sommes alors en 1991. Très vite, le succès est au rendez-vous et les deux larrons poursuivent leurs délires à la télévision, le tout produit par Jean-Luc Delarue. Mais leur renommée éclate définitivement, de 1999 à 2001, quand ils présentent
La Grosse Emission sur la chaîne Comédie!.
A l'instar des nombreux humoristes florissant chaque année sur scène ou sur le petit écran, le cinéma porte donc rapidement un regard intéressé sur leurs modestes personnes. Ainsi, Kad fait ses débuts dans un long métrage dès l'année 2001, en participant au film réalisé par Philippe Dajoux,
La Grande Vie, aux côtés de
Michel Boujenah, Christian Charmetant, Pierre-François Martin-Laval, Sacha Bourdo ou bien encore Eric Cantona. Il croise même pour la première fois, sept ans avant leur retrouvailles sur
Bienvenue chez les Ch'tis, Patrick Bosso et l'excellent
Stéphane Freiss. Si cette oeuvre ne rencontre pas un grand succès, elle permet au jeune comédien Kad de faire ses preuves dans un milieu extrêmement fermé. En 2003, il enchaîne alors les participations, de
La Beuze à
Rien que du bonheur, en passant par le premier film sous-estimé de Jean Veber, fils de Francis,
Le Pharmacien de garde. Ce long métrage représente la première incursion de Mérad au sein d'une ambiance beaucoup plus sombre, où il rencontre
Vincent Pérez et le regretté Guillaume Depardieu.
En cette même année, le duo
Kad et O. nous livre leur propre film, basé sur un univers très personnel.
Mais qui a tué Pamela Rose ? est donc issu d'une série de sketches joués quelques années auparavant, à la radio tout d'abord, puis sur la chaîne Comédie! où fut créé le feuilleton du même nom. Et cette adaptation cinématographique demeure à la hauteur de leur délire, avec un gag toutes les deux secondes, et de très bons ! Mettre un générique de fin en plein milieu du film, ou jouer un morceau de Beethoven avec des cercueils métalliques, il fallait y penser, et surtout oser ! Bien sûr, il vaut mieux être un cinéphile averti, si nous souhaitons ne pas passer à côté des nombreuses références, telles que
Le silence des agneaux,
Seven ou bien encore
Psychose. Mais le film ne s'arrête pas à ce simple stade, et va encore plus loin en recréant l'ambiance visuelle des séries et autres films policiers américains des années 70-80. Ainsi, à l'image des oeuvres de Mel Brooks ou du film de
Les Nuls,
La Cité de la Peur,
Mais qui a tué Pamela Rose ? s'inscrit dans la lignée des plus grandes parodies du cinéma. Avec une mise en scène des plus réfléchies signée Eric Lartigau, le film se dote également d'un casting remarquable. Outre la présence des deux jeunes trublions, d'autres, plus confirmés, participent également avec joie à cet improbable délire. Nous retrouvons ainsi
Gérard Darmon, Lionel Abelanski, ou bien encore
François Cluzet dans le rôle d'un vétéran d'une guerre qu'il n'a pas faite. De petites participations surréalistes de la part d'
Alain Chabat ou de Virginie Ledoyen apportent également au film un charme supplémentaire des plus agréables. Au final,
Mais qui a tué Pamela Rose ? cartonne au box-office, révélant au public deux nouveaux comédiens et un metteur en scène incroyablement talentueux.
Devenu acteur « bankable », Kad voit donc le nombre de propositions se multiplier. Parmi les plus intéressantes, on lui propose par exemple de doubler l'un des personnages d'un dessin animé sorti tout droit des studios Walt Disney Pictures,
Frères des ours. Il retrouve pour l'occasion son grand complice Olivier Baroux, et les voilà interprétant pour notre plus grand bonheur deux élans, nommés Truc et Muche. Kad succède ainsi à Dave Thomas dans la version originale, et Olivier à Rick Moranis. Loin de révolutionner l'art de l'animation dans l'Histoire du cinéma,
Frère des ours se regarde avec un réel plaisir, offrant de magnifiques séquences au service d'un formidable hymne à la Nature. Mais après avoir conquis le coeur des enfants, encore faut-il savoir le conserver. Kad accepte donc de participer à deux adaptations de bandes dessinées parmi les plus populaires, à savoir
Les Dalton en 2004, puis
Iznogoud l'année suivante. La première, mise en scène par
Philippe Haim, réalisateur pourtant talentueux de
Barracuda et de
Secret Défense prochainement à l'affiche, se révèle finalement décevante, mais aussi de très mauvais goût. Mettant de côté le personnage de Lucky Luke, héros central de l'oeuvre créée par Morris et Goscinny,
Philippe Haim se concentre essentiellement sur ses principaux ennemis, les frères Daltons, interprétés ici par Eric Judor, Ramzy Bedia, Saïd Serrari et enfin Romain Berger. Face à eux, de nombreuses guests complètent l'affiche, de Michel Muller à Elie Semoun, en passant par
Marthe Villalonga, Sylvie Joly, Jean Dujardin ou bien encore
Darry Cowl. Voilà ce qui s'appelle un véritable gâchis ! Fort heureusement pour Kad, il ne fait ici que passer, dans la peau d'un prisonnier mexicain. A l'heure actuelle, ce film reste son plus grand navet. Un bel échec !