1. >
  2. >
  3. >
  4. >Kiju Yoshida Ou L'independance Sensuelle [page 1]

Kiju Yoshida Ou L'independance Sensuelle [page 1]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 07 octobre 2008 à 03h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h10 - 0 commentaire(s)
LES DEBUTS 1960 - 1969

Si un cinéaste japonais est à mettre à l’honneur cette année, Kijû Yoshida est incontestable. D’abord par la rétrospective que lui organise le Centre Pompidou mais aussi et surtout par la sortie en DVD de l’ensemble de ses films des années 1960 sous l’égide Carlotta. Ainsi, de Bon à rien à Eros+Massacre en passant par la Source d’Akitsu, ce sont pléthore de films formidables qui nous sont proposés et qui donnent envie d’en savoir plus sur le maître japonais.


Né le 16 Février 1933 à Fukui au Japon, Yoshishige Yoshida connu chez nous sous le patronyme de Kijû Yoshida s’impose comme l’une des figures de proue de la Nouvelle Vague Japonaise aux côtés de Masahiro Shinoda (Fleur pâle, Assassinat) et Nagisa Oshima (Contes cruels de la jeunesse, L’Empire des sens, Nuit et Brouillard du Japon). Tous trois travaillent alors pour la Shochiku et seront abusivement rassemblés sous cette appellation bien commune et plus que commerciale qui a fait florès depuis que Françoise Giroud a baptisé ainsi les jeunes réalisateurs français qui se mirent en marge durant la décennie précédente. Mais revenons-en à Kijû Yoshida et à son parcours.

Du traumatisme à l’affirmation de soi

Impressionné par La Nausée dans sa jeunesse, marqué fortement par la guerre et le traumatisme qui faillit lui faire perdre la vie, Yoshishige Yoshida se révèle à lui-même au tournant des années cinquante. Lettré passé par la prestigieuse Université de Tôkyô dès 1951 d’où il ressort diplômé en Littérature Française, Yoshishige Yoshida doit cependant interrompre ses études pour aider sa famille – son père étant atteint subitement de cécité. Le jeune homme doit alors choisir une voie et c’est vers l’industrie cinématographique qu’il décide de se tourner. En plein boom à cette époque et cherchant sans cesse de nouvelles recrues, les studios s’ouvrent comme jamais et embauchent nombre de jeunes gens à l’époque. En 1955, la nécessité couplée à une conjoncture favorable précipite donc notre chargé de famille au milieu des studios Shôchiku. On ne parlera pas encore de carrière cinématographique lorsqu’il pénètre ce secteur au cœur des années 1950 mais le premier pas est fait. Sans volontairement avoir été recherché puisqu’à l’époque par humilité, Yoshida affirme ne rien y connaître et tout en découvrir.


Les années vont alors se succéder et notre homme prenant confiance et continuant à écrire comme il faisait auparavant va signer tout comme Oshima, des scénarios qu’ils se font fort de faire connaître au sein même des studios via une revue qu’ils éditent eux-mêmes. Véritable tournant et affirmation d’un potentiel créatif en devenir, Keisuke Kinoshita, figure de proue de la Shôchiku à l’époque, remarque l’un de ses écrits et invite ce dernier à le rejoindre. Ainsi, Kijû Yoshida, qui fut aussi l’assistant de Yasujirô Ozu, l’un des maîtres du classicisme japonais dans les mêmes lieux, est pleinement lancé dans le feu des années 1960 en tant qu’assistant réalisateur. D’abord au clap puis touchant à tous les domaines, l’enfant de Fukui va alors profiter de l’extraordinaire vitalité du lieu, de ses participations actives aux tournages pour s’acheminer vers une carrière de créateur au départ inimaginable.


logAudience