Par Florent Kretz - publié le 23 octobre 2008 à 09h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h52 - 0 commentaire(s)
A l’occasion de la sortie en Blu-Ray de deux pièces maîtresses de la filmographie de Kurt Russell (New York 1997 et Stargate), il nous paraît important de combler un oubli de taille en vous proposant un portrait radicalement partial et assumé de l’acteur culte. Retour sur la carrière folle et paradoxale du plus bad ass des comédiens dont l’aura géniale provient souvent de ses échecs au box-office, et que les provocations envers le tout Hollywood ont véritablement sacré comme l’une des personnalités les plus teigneuses et les plus attachantes du cinéma. Attention : texte ouvertement pro Russell !



Chose hallucinante : Kurt Russell est sans doute l’un des acteurs qui cultivent le paradoxe de cumuler les échecs en salles et, pourtant, de pouvoir se vanter d’avoir des cachets démesurés et une popularité phénoménale auprès du public international. On expliquera sans doute sa toute puissance dans le cœur des fans par ses choix de carrière toujours plus inventifs, le sieur participant à des projets qui ne se révéleront aux yeux de l’auditoire comme étant d’authentiques chefs d’oeuvre que plusieurs années plus tard, lors des multiples éditions de VHS, DVD et maintenant Blu-Ray. Ce sont sans doute ces pièces exceptionnelles qui couvrent aussi ses frasques hollywoodiennes et ses déclarations fracassantes et ouvertement réactionnaires… Manifestations qui auraient pu décontenancer plus d’un spectateur mais qui sont souvent balancées avec une telle sincérité et une telle envie d’empêcher les choses de tourner en rond que, finalement, Russell ressort toujours un peu plus grandi des déboires ! Une tirade sur ses salaires mirobolants accompagnée d’une insulte ouverte au métier d’acteur, un petit mot sur sa vision politique schizophrène (révolutionnaire gauchiste mais conservateur à tendances extrêmes) et un franc parler de légende font de lui un des people américains les plus incroyablement décriés mais aussi adulés. Et quand le milieu le contraint à s’exiler de la Californie, il en profite pour apparaître dans quelques péloches méchamment burnées dans lesquelles il prouve qu’il est avant tout un acteur sous-employé. Ce à quoi il répond inévitablement que, de toute façon, « être acteur n’a jamais été un métier » ! Kurt Russell, l’antithèse de la star politiquement correcte, représentant le caractère le plus féroce de la figure hollywoodienne à l’ancienne, qui s’impose inévitablement comme l’une des personnalités les plus passionnantes. Bref une vraie gueule, ou plutôt une vraie grande gueule devrait-on dire, qui en plus se permet d’être à la tête d’une filmographie en béton armé sur laquelle il chie gentiment !



Mais Kurt n’a pas toujours été comme ça et sa reconversion dans la provocation gratuite aura d’autant plus surpris son monde que c’est tout jeune qu’il s’était fait connaître auprès du public américain. Fils de Bing Russell, un ancien jouer de baseball professionnel reconverti dans la comédie (son titre de gloire sera ses six ans passés dans la série Bonanza), le futur rebelle passe ses premières années dans sa ville natale de Springfield dans le Massachussetts. Né en mars 1951 avec un visage d’ange, sa frimousse sent bon l’American Dream et c’est pour cela qu’il se fait embaucher à l’âge de six ans pour intégrer la série westernienne Sugarfood. Neuf épisodes et une initiation obligatoire par papa au baseball plus tard, il lui est offert un contrat de dix ans par les productions Disney et c’est le papa de Mickey qui le fera signer en personne ! Il deviendra ainsi l’une des coqueluches de la jeunesse américaine en participant à une multitude de métrages et de séries populaires : enfant star, il se retrouve même à faire les présentations occasionnelles du Disney Club. À la série Perdus dans l’espace suit Les voyages de Jaimie McPheeters et tant d‘autres feuilletons et téléfilms. Les longs métrages apparaissent enfin avec Mosby’s Marauder en 1967, Le Cheval aux sabots d’or en 1968, Fools Parade en 1971 ou encore Superdad en 1973 et, fatalité oblige, lorsqu’il commence à ressembler plus à un ado boutonneux qu’à un môme typique, son contrat n’est pas renouvelé ! Pas véritablement touché par la grâce du métier d’acteur, il décide de revenir vers la passion paternelle et tente sa chance du côté du baseball. Plutôt bon et athlétique, sportif persévérant, il parvient à se faire un petit nom dans les équipes locales et envisage une carrière pro. Ambition d’autant plus envisageable que sa notoriété fascine les foules universitaires et qu’il est même déclaré être le « garçon le plus populaire de la promo ». Il en profite d’ailleurs pour balancer quelques remarques déconcertantes auprès de ses camarades hippies, celui-ci regrettant avec provocation les pertes financières et l’échec moral qu’occasionne la retraite américaine au Vietnam !


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