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Kurt Russell : Anti Star De Legende [page 4]

Par Florent Kretz - publié le 23 octobre 2008 à 09h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h52 - 0 commentaire(s)
Trois ans plus tard, il revient, assagi et moins fier et propose trois rôles sublimes. Dans Destination Graceland, un road movie cocaïné, il s’oppose à l’autre gloire déchue -mais toute aussi grandiose- Kevin Costner, les deux censés incarner des fils du King ! Rencontre amusante, bien plus que les retrouvailles une quatrième fois du rockeur et de Russell, puisque assez étrangement les deux stars se seront opposées durant toutes leur carrière : que ce soit pour des rôles ou au travers du duel Tombstone/Wyatt Earp, les deux se seront tirés la bourre sur plus de dix ans et s’en flanqueront de belles dans le film ! La seconde remarquable performance de Kurt sera dans Vanilla Sky de Cameron Crowe et pour lequel il fait preuve d’une géniale retenue face à un Tom Cruise, certes très bon, mais surtout en plein début de délire mégalomaniaque et cabotin. Dans le rôle d’un psychiatre, il s’impose en figure paternelle inattendue et, même s’il n’est que très peu présent, se révèle comme l’un des vrais bons points du remake du Ouvre les yeux d’Amenabar. Enfin, en 2002, il devient un flic ambigu dans une nouvelle adaptation d’un bouquin de James Ellroy. Scénarisé par le très doué David Ayer, Russell s’implique tellement dans son personnage de ripou dans l’enfer des émeutes de 1992, qu’il revient à Los Angeles pour se laisser imprégner à nouveau de l’esprit de la ville « puante ». Si Dark Blue ne sera pas la réussite commerciale espérée, il se révélera pourtant être beaucoup plus méritoire que -attention sacrilège !- L.A. Confidential et offrira à Russell son plus beau personnage depuis celui de Stephen dans Backdraft. Un film familial plus loin sur le Hockey sur glace (Miracle, en 2004 et inédit chez nous) et le voici qui signe un nouveau contrat avec Disney pour participer à quelques longs métrages tout public. Sky High en premier lieu qui lui permet de se la jouer super héros dans un essai plutôt sympathique sans pour autant casser des briques, mais surtout Dreamer pour lequel il s’impose encore une fois comme une véritable rareté inconsidérée. Acceptant aussitôt le scénario qui lui permet en plus de côtoyer le milieu des chevaux qu’il adore, il se retrouve à jouer le papa de la gentille Dakota Fanning avec comme autres collaborateurs Kris Kristofferson, Elisabeth Shue et David Morse. Attendrissant au possible et crédible même en papa gâteau, Russell parvient même à faire chialer les geeks comme votre serviteur qui lui en veulent de ne pas être revenu dans un métrage plus bourrin !



Saint Kurt entendra notre prière puisqu’il reviendra dès l’année d’après dans le remake impeccable nommé Poséidon par Petersen. Si le film ne sera, en effet, pas à la hauteur au niveau scénaristique, il surprendra surtout pour sa volonté de faire claquer un peu tout ce qui ne s’est pas encore noyé dans le naufrage ! Sadique au possible, le blockbuster tout public ouvertement offensif permettra à l’acteur encore une fois de revenir avec une force surprenante. Des cierges étant brûlés aux quatre coins du monde par tous les amateurs du Russell en furie, c’est le pape de toute la pop culture, le sieur Tarantino qui verra en lui une icône à remettre sur un pied d’estale. Même si on ne pourra que le remercier à tout jamais d’avoir offert à Kurt Russell un rôle aussi mythique que celui de Stuntman Mike dans Boulevard de la Mort, on sera légitimement en droit de nous plaindre tant il semble évident que l’acteur méritait un peu plus qu’une petite moitié de film à sa gloire… Mais le fétichiste des pieds est maître unique à bord et ne se rend sans doute pas compte que lorsqu’on a la chance d’avoir un type qui possède la carrure de Kurt Russell, on ne fait pas un film de nanas volubiles ! Enfin, le personnage est là et Russell est grand : s’imposant comme la seule et unique vraie bonne raison d’apprécier le film (qui entre nous, malgré toutes ses qualités, était tout sauf un « slasher motorisé »), il entretiendra un peu plus sa légende en se faisant plus fort, sexy, touchant, bluffant que jamais… et ce n’est pas nos amis des Cahiers du Cinéma qui nous contrediront vu la magnifique couverture à son effigie ! Son dernier film en date est une participation familiale puisqu’il s’agit de son rôle dans l’inédit court métrage Cutlass, première réalisation de sa nièce Kate Hudson. Très proche de la demoiselle qu’il a élevée, il est donc sorti de sa nouvelle retraite pour venir faire un tour sur le plateau où il a retrouvé la petite Dakota Fanning et la trop rare Virginia Madsen (Candyman)…



Le grand Russell nous laisse donc pour le moment sans projet à attendre puisqu’il s’est exilé dans son gigantesque ranch avec sa toujours bien aimée Goldie Hawn, qu’il refuse d’épouser car « il n’a rien à prouver » ! Décidément provocateur mais beaucoup moins instinctif qu’avant, Kurt semble s’être définitivement imposé comme l’une des figures emblématiques d’Hollywood. Pas de celles qui font illusion, ni de celles qui ne sont que des étoiles filantes… Non, Kurt Russell est finalement l’un de ceux autour de qui une vraie légende s’est créée à l’instar de ses camarades : Gibson, Cruise, Stallone… Assumant assurément son caractère épouvantable et son envie de démolir toute forme d’opposition et même de bénédiction, il se sera révélé être un enfant terrible de l’usine à films, lui qui avait débuté comme un digne représentant de l’american way of life ! Et finalement dans toute cette provoc’, ce qui est d’une grandeur géniale, c’est cette volonté de flinguer un maximum cette hallucinante caste hissant les stars au-dessus des simples mortels ! Comme si Russell se faisait toujours un peu plus détestable pour tirer dans les autres mondains qui se prennent réellement au sérieux… Vision personnelle à laquelle les détracteurs répondront légitimement que Russell est peut-être tout simplement un enfoiré, ce dont nous nous permettrons de douter vu la bonté véhiculée dans ses choix et ses interprétations. De plus, tous ceux qui l’auront fréquenté personnellement assureront la grandeur d’âme du trublion qui s’amuse sans mesure des doutes qu’il crée autour de sa véritable personnalité. Quoi qu’il en soit, Kurt Russell semble être le digne héritier d’une certaine forme de vrais mecs hollywoodiens, les brutes charismatiques, tous ces John Wayne, Bronson, Eastwood et autres… Peut-être un jour, que quelqu’un bien placé se rendra compte du potentiel de l’acteur emmerdeur et lui offrira le rôle qui le consacrera aux yeux de tous ? En attendant, Kurt : on t’aime !

Florent Kretz
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