Tout passe sous le regard du duo qui s’exorcisent le temps d’un film, Spielberg s’attachant tout de même à offrir quelques scènes d’une puissance phénoménale et à la beauté rarement égalée lorsque Ballard retranscrit ses quelques instants de magie qui éclipsèrent le temps d’un rêve les horreurs d’une guerre… Malgré tout, la saleté et la désolation semblent bien régner dans leurs deux cœurs et ce pour toujours car même certaines séquences à l’onirisme enivrant et flagrant sonnent soudain fausses et terrifiantes à l’image de la découverte d’une réserve de richesses au milieu d’un désert… Pour ces quelques images fantomatiques et dépossédées de toute humanité, cet
Empire du Soleil se pose soudain là comme première tentative de poser une réalité face à un miroir, essai qu’il recommencera au sein d’œuvres tout aussi troublantes, comme cette affolante et majestueuse envie de faire naître l’espoir au sein de l’horreur pure -
La liste de Schindler-, cette terrible notion des responsabilités exacerbées -
La guerre des Mondes- et tant d’autres… A partir de cet
Empire du Soleil qui résonne comme un cri de désespoir sur les notes maussades de Williams, la filmographie de Spielberg ne sera plus jamais la même, celle-ci proposant des films d’entertainment et pour toute la famille -Hook,
Indy…- et un double pour la sauvegarde d’une humanité prochainement perdue -
Saving private Ryan,
Munich-, cet essai de 1987 étant sans doute sa réussite la plus fulgurante.