Il est des thèmes récurrents qui irriguent le cinéma mondial depuis toujours et parmi ces derniers, il en est un plus particulièrement qui s’est imposé bien au-delà des limites du seul art cinématographique, celui de l’exil. En pleine actualité avec les sorties rapprochées de
Welcome et
The Visitor, son abord n’a rien d’anodin et révèle tout autant le monde qu’il dévoile que ceux qui y vivent. Ainsi, c’est non sans attrait que l’on s’intéressera sans prétention exhaustive aucune à un survol de ce qu’est l’exil au cinéma.
Un sujet fort aux résonances contemporaines En effet, si l’on considère les dernières sorties qui l’évoquent ou l’histoire même du medium, l’exil est incontournable. Que l’on se remémore simplement ce que le cinéma américain classique doit aux départs des cinéastes expressionnistes allemands dans les années 1930 ou que l’on se replonge dans les heures plus noires encore de la collaboration française lorsque Hollywood accueillait la France du cinéma, tout nous incite à voir l’exil comme un moyen pour les professionnels du cinéma d’aller exercer en sécurité leur profession ailleurs. Et cela sans que l’on ne marque de différence avec d’autres ni que les pays d’accueil n’en pâtissent. Consubstantiel à l’écriture de son histoire, l’exil est donc une affaire majeure pour le septième art, ses adorateurs et ses faiseurs.

Ainsi, qu’il soit forcé en cas de conflit ou souhaité délibérément pour avoir accès à des moyens plus conséquents, l’exil représente une promesse pour les cinéastes, les acteurs et autres techniciens. Déchirante certes mais potentiellement enivrante. En effet, de Chaplin à Renoir, de Fritz Lang à
Tsui Hark, en passant par
John Woo ou Bertrand Tavernier, nombreux sont ceux qui s’y trouvèrent confrontés suivant les temps, les envies et les contextes. De fait, entre l’exil salutaire et ce que les uns appellent en temps de paix les effets d’une certaine mondialisation, c’est le cinéma lui-même qui possède dans ses gènes, la fibre du départ et le besoin des au-revoir.