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La 3d, Temoin D'un Certain Malaise ? [page 1]

Par Florent Kretz - publié le 21 janvier 2009 à 09h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h25 - 0 commentaire(s)
La sortie de Voyage au centre de la Terre 3D en DVD et Blu-Ray nous donne l’occasion de nous poser quelques questions sur ce fameux procédé qui va (re)venir squatter les salles obscures à maintes reprises courant 2009. Car si l’artifice se faisait petit « plus » amusant pour la relecture de Jules Verne, il est le moteur même de plusieurs productions à venir. Réflexions autour de cette technique vieille de plusieurs décennies et présentée comme « révolutionnaire » dans un léger coup de gueule sans prétention.



Aujourd’hui sort en DVD et Blu-Ray le très sympathique Voyage au centre de la Terre qui, comme chacun sait, s’était vu présenter en 3 dimensions dans un nombre restreint de salles. Mais l’affront fait aux spectateurs curieux, résidant loin des complexes équipés et, du coup, frustrés, va se voir réparer puisque les éditions mises à la vente proposent de découvrir le métrage de deux manières : à la façon traditionnelle ou, comme initialement promis, en 3D, puisque quelques paires de lunettes seront glissées dans les boîtes ! Une initiative que l’on ne pourra qu’apprécier même si elle s’inscrit dans une certaine logique commerciale : l’aventure avec Brendan Fraser n’est pas le premier film et certainement pas le dernier à s’enrichir d’artifices aguichants et jubilatoires pour remplir les salles. Rien que dans les mois à venir, une pléthore de bobines débarqueront avec comme argument principal de vente, une expérience inédite, viscérale et véritablement révolutionnaire. Final Destination: Death Trip 3D, My Bloody Valentine 3-D, Piranha 3D… autant de titres plus ou moins alléchants et qui sont, d’une certaine manière, significatifs d’un malaise qui se fait sentir. Une crise à laquelle beaucoup cherchent un remède, alignant les placebos provisoires à défaut de trouver de vraies solutions. Aussi, si certains films tels que Voyage au centre de la Terre 3D fonctionnent sans l’artifice mais s‘en servent pour rehausser l‘attractivité de leurs sujets, on ne pourra que s’inquiéter de ces quelques titres qui semblent ne se construire que sur le leitmotiv d’un subterfuge technique et enthousiasmant. Là est la thèse de ce dossier.



Dans un sens, on ne peut que se réjouir de ce soudain retour d’attractivité dans les salles obscures et c’est là que le procédé semble pour le moins pervers. Si l’apathie créative paraît aujourd’hui faire partie de la routine, un tel sursaut de pensées des producteurs pour le spectateur tient du miracle ! Premier pas vers une éventuelle reconsidération du public, premières propositions d’interactivité entre la salle et l’écran à défaut de lui proposer un produit sans âme ou, au mieux, répondant à un cahier des charges émotionnels. Les majors réfléchissent donc à lancer des productions ludiques et non plus des blockbusters qui ne réclament que la passivité et les biftons de monsieur X dans un public lambda. Premier bon point ! Mais là où les choses se corsent, c’est que ce procédé n’est remis au goût du jour que dans le but de faire revenir les spectateurs dans les salles qui se voient désertées un peu plus chaque année : il ne s’agirait donc que d’une vulgaire ruse pour renflouer les comptes en banque et non pas une double tentative de rachat ? Le rachat d’une « légitimité d’être » dans un premier temps (inviter l’audience à quitter son home cinéma pour s’ameuter en salle où sera présenté un métrage plus exceptionnel encore) puis dans un second temps, le rachat d’une confiance (ne plus considérer l’acheteur d’un billet comme un unique consommateur mais un individu mature et fort d’une sensibilité juste et critique). Le respect ne semble donc pas plus au rendez-vous, passons à autre chose.


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