Pour conclure, évoquons quelques instants les exploits d’un très grand homme de spectacle et qui officia énormément dans le registre. Sa présence dans ce simili coup de gueule ne viendra qu’étayer sa fougue et remettra peut-être les choses en place. William Castle est l’un de ceux qui ont toujours eu énormément d’affection pour le cinéma, les films et le public. Un de ceux dont le rêve était de raconter des histoires, de faire frissonner, rire, pleurer, de faire vivre au spectateur des aventures exceptionnelles sans pour autant quitter son siège. Un de ceux qui auront complètement cerné la dimension cathartique de cet Art et l’enjeu glorieux et noble de parvenir à entraîner l’audience dans une folle communion. Aussi, là où certains comme
Roger Corman ou Samuel Z. Arkoff produisaient à tours de bras des séries B fauchées mais sincères, là où d’autres comme Ray Harryhausen se faisaient savants fous et créateurs de bestioles à l’humanité sidérante, Castle lui inventait discrètement ce qu’on appelle le Cinéma Dynamique. Le procédé était d’une simplicité effarante et sera narré de manière fantasmagorique dans des films tels que
Popcorn ou encore
Panique sur Florida Beach de
Joe Dante et qui s’inspire justement de la carrière de William Castle. L’idée de Castle était donc de faire s’entrecroiser la réalité de ses films et celle de la salle. Ainsi à la projection de sa classique
Nuit des mystères, tout un dispositif de tissus, de fils et de ruban avait été mis en place pour venir faire sursauter les spectateurs durant les scènes de tension. Squelettes volant dans la salle, interruption de la séance par le réalisateur lui-même pour créer un malaise, fauteuils sauteurs ou vibrants et enfin lunettes spéciales pour « voir les fantômes pendant le film » sur 13 ghosts…

L’homme cherchait à apporter un petit plus à ses métrages pour que l’expérience Cinéma soit grandiose et culte ; le but n’était pas de camoufler des lacunes évidentes de créativité… Voici toute la différence entre les précurseurs (passionnés forcenés et déjantés) et les contemporains (commerciaux sans autres idées que ressortir les vieilles sauces…). A ces derniers qui réfléchissent sévèrement et consciencieusement à l’avenir des salles publiques, on ne pourra que leur signifier notre incompréhension : si la 3D doit faire renaître le cinéma (par opposition à la vidéo de salon), pourquoi glisser ces fameuses lunettes dans les boîtiers des DVD ? Pourquoi ne pas offrir à quelques bandes la chance de connaître une carrière prolongée dans des circuits officieux dans les cinémas de quartier et ce, pourquoi pas, ad vitam aeternam ?