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Le Noël interdit : pour traumatiser vos enfants !

Le Noël interdit, c'est une contre-programmation qui fera cauchermarder vos enfants, des films à ne pas montrer à vos chérubins sauf si vous voulez les faire taire...

Par - publié le 23 décembre 2009 à 10h15 ,
MAJ le 22 décembre 2009 à 01h06 - 0 commentaire(s)

Vous êtes près de la cheminée ? Bien à l'abri du froid en attendant les joujoux par milliers ? Tout est prêt pour passer un merveilleux Noël. C'est dans cette atmosphère de joie et de bonne humeur que la rédaction d'Excessif s'est mobilisée pour vous gâcher la fête et enlever ce joli sourire qui s'étale sur votre visage bientôt déconfit. Pour pourrir un peu l'ambiance, nous vous proposons de rajouter du sang à la neige et de l'irrévérence dans les chaumières. Le Noël interdit, c'est une contre-programmation qui fera cauchermarder vos enfants et où le Père Fouettard vous salue bien, des films à ne pas montrer à vos chérubins sauf si vous voulez les faire taire...

 

36-15 Code Père Noël par PitouWH

Un 24 décembre, un petit garçon esseulé dans sa grande demeure décide de prendre contact avec le Père Noël grâce à l'ancêtre d'internet, le minitel (hé oui, souvenez-vous !). Manque de pot, à l'autre bout du fil ne se trouve pas un gentil joufflu en habits rouges mais un détraqué qui, le soir venu, débarque chez le gamin... Sorti en France quelques mois avant Maman, j'ai raté l'avion, ce film de René Manzor (et produit par Francis Lalanne !) peut-être vu comme une version réaliste et hardcore de la comédie de Chris Columbus, particulièrement cruelle dans sa façon de démolir la magie de Noël. Il faut voir en effet cette scène où le gamin, caché sous une table, contemple avec émerveillement les jambes du papa Noël tout juste descendu de la cheminée... avant qu'il n'égorge le chien avec une pelle à tarte ! Après, une fois le grand-père mis à l'abri, le gamin -devenu Rambo des bacs à sable- défend sa maison avec des pièges que ne renierait pas Macaulay Culkin. Sauf qu'ici, au terme d'une nuit (très) éprouvante d'affrontements, il en sort plutôt traumatisé comme le petit Danny de Shining. Et la magie de Noël n'aura plus jamais le même goût...

 

36 15 code père noël 

 

Mixed Nuts par Gilles Botineau
Totalement inconnu sur le territoire français, ou presque, Mixed Nuts est le remake américain du long-métrage réalisé par Jean-Marie Poiré en 1982, Le Père Noël est une ordure ! Nous avons tout de même eu droit à une sortie VHS, sous le titre Joyeux Noël, mais toujours pas de DVD zone 2 , encore moins de Blu-Ray. Cela manque-t-il à quelqu'un ? La réponse paraît évidente. Pourtant, à l'instar du film français, le casting d'outre-Atlantique se veut assez prestigieux, surtout à l'heure d'aujourd'hui. En effet, l'oeuvre réunit ni plus ni moins que Steve Martin, Adam Sandler, Anthony LaPaglia, Juliette Lewis, Liev Schreiber, et même Haley Joel Osment, certes encore peu connu à l'époque, dans un tout petit rôle. Ainsi donc, Mixed Nuts avait de quoi traverser les générations, tout comme ce fut le cas pour l'original. Mais le destin en a décidé autrement. La faute à Nora Ephron, désormais scénariste et metteur en scène de cette nouvelle mouture. Il faut dire qu'après le succès de Nuits blanches à Seattle, son précédent long, elle a dû se croire tout permis. Bien sûr, elle garde l'excellente trame conçue
par l'équipe du Splendid mais n'en retranscrit ni l'humour, violent et satirique, ni la folie, noire et dépressive, qui en découlent. Finalement, si Le Père Noël est une ordure ! version Poiré est un film qu'il vaut mieux déconseiller aux plus jeunes afin de ne pas briser leurs rêves en imposant une image tristement réaliste, celle d'une société particulièrement cruelle en cette période de fêtes, Mixed Nuts, sans aller jusque là, peut tout aussi bien gâcher votre vision de Noël et, par la même occasion, vous amener à vivre l'une des pires expériences cinématographiques qui soit. Il existe des oeuvres auxquelles on ne devrait pas avoir le droit de toucher, par respect, ou tout simplement par absence d'intérêt. Un peu comme si on nous annonçait le remake du Dîner de cons ou de Bienvenue chez les Ch'tis... Ah, on nous fait signe qu'ils sont déjà en cours... Allô, SOS détresse ???
 

Mixed nuts 


Black X-Mas par Nicolas Lemâle
Quelques années avant l'arrivée de Michael Myers, Bob Clark, futur réalisateur de Porky's (si, si), met en scène Black Christmas, un slasher où un maniaque terrorise, puis massacre une petite communauté d'étudiantes durant le réveillon de Noël. Un film précurseur et l'un des tous meilleurs de sa catégorie aujourd'hui encore. Son remake, imaginé par les duettistes Glen Morgan et James Wong, alors auréolés du succès de leur saga Destination Finale, ne bénéficie pas de la même réputation. Bien au contraire. Remonté, tronqué, piétiné par les critiques lors de son expéditive exploitation en salles, Black X-Mas fait figure de vilain petit canard à la Fog, exemple même du remake foireux et inutile. Pourtant, pour un film de terreur hivernal mettant en scène une bande de pimbêches superficielles, Black X-Mas n'est pas si stéréotypé qu'on pourrait le croire. Fasciné par la violence fétichiste du giallo italien et ses ambiances gothico-criardes, Glen Morgan se lâche totalement dans les scènes de meurtre : énucléations, démembrements, égorgements, le film ne lésine pas sur le gore et les idées de mise à mort, aussi expéditives que graphiques. On peut y ajouter le plaisir de voir déambuler un affolant casting de belles plantes (de Mary « Death Proof » Elizabeth Winstead à la sculpturale Lacey Chabert, en passant par la buffyesque Michelle Trachtenberg) et une accumulation réjouissante de répliques ridiculisant l'esprit de Noël (les « Fuck you Santa Claus » succèdent aux « Merry Christmas asshole »), trahissant la volonté de ses auteurs de faire de ce remake une œuvre aussi rétive au compromis que son modèle. Raté,  certes, mais pas tant que ça.

 

Black X-mas
 
Scrooged par Nicolas Schiavi
Avant Robert Zemeckis et son récent Le Drôle de Noël de Scrooge, un autre grand réalisateur hollywoodien s'est frotté à Ebezener Scrooge en 1988 : Richard Donner. Le cinéaste ayant lancé Superman au cinéma ainsi que la licence de L'Arme Fatale a livré avec Fantômes en fête (nommé aux Oscars 1989 pour les meilleurs maquillages), une adaptation modernisée de cette histoire universelle, s'appuyant sur la magnifique partition de Danny Elfman dont le style est reconnaissable dès les premières mesures. Transgressant les règles établies par les précédentes adaptations (formidable introduction dans une mise en abyme hystérique où l'on voit le Père Noël armé d'une mitraillette en compagnie de Lee Majors), le cinéaste engage Bill Murray pour incarner un directeur de chaîne télévisée licenciant un de ses employés le jour de Noël et préférant voir un programme basé sur la violence, le sexe et la drogue plutôt qu'un divertissement familial pour la fin d'année. Fantômes en fête s'en donne à coeur joie dans les hallucinations déjantées, prend ses libertés avec le conte de Charles Dickens et égratigne au passage une partie des networks américains.

 

Fantômes en fête (Scrooged)

 

Bad Santa par Jean-Patrick Desportes

Acteur caméléon, Billy Bob Thornton est aussi un amateur de personnages noirs, troubles, dérangeants voire antipathiques. Il interprète ici un faux père noël qui dévalise les grands magasins où il travaille avec son complice de toujours, Marcus, nain noir à la ville et lutin du père noël sur scène. Tous deux forment un tandem aussi détestable qu'irrésistible. L'un se pisse dessus (Thornton), trop saoul pour aller aux toilettes, éructant contre les enfants qu'il prend sur ses genoux humides tandis que l'autre (Cox) est le cerveau macho de l'opération. Cassant ainsi l'image rassurante du père noël, Willie T. Soke arrive tout de même en bout de course à montrer une quelconque humanité grâce à un attachant blondinet obèse, privé de famille. Ce faux conte de Noël, très caustique et très noir, casse allègrement l'image rassurante que l'on a des fêtes de fin d'année mais - car il y a un mais - le film se termine sur une note beaucoup plus émouvante. Même si le père Noël est une ordure, cela ne l'empêche pas d'être humain. 

 

badsantaint04

 

Maman j'ai raté l'avion par Lucie Pedrola
Calé par la troisième part de bûche de Noël, vous vous installez confortablement dans le canapé, quelques marrons glacés à portée de main, les yeux rivés à l'écran. A vos pieds, les enfants sont achevés par des heures d'excitation et un déballage de cadeaux échevelé. « Ils ne pourront qu'apprécier ce bon moment de rigolade avec un sale môme qui saute sur le lit, s'amuse sur sa tyrolienne et finit par comprendre que, malgré tout, le plus important, c'est la famille », vous dites-vous ! Le tout parfaitement enneigé et plein de guirlandes illuminées, orchestré par le maître ès gamins agités et magie de Noël, Chris Colombus. Vous avez tort, malheureux ! D'abord, pendant des mois -des années en fait- vos petits cousins feront cette blague, à la longue légèrement agaçante : « -Dis « Bonsoir », Kevin ! - Bonsoir Kevin... ». Mais le traumatisme interne est plus tendancieux. Car passé un certain âge, l'enfant développe une capacité d'empathie et à bien y réfléchir, ce que fait subir le petit Kevin à Harry et Marvin tout au long de ce film et de sa terrible suite est de l'ordre de la torture la plus asiatique. Les Casseurs Flotteurs se font brûler la paume de la main, électrocuter, et pas une petite châtaigne, lancer des briques sur le front, agrafer le pantalon à un endroit où il vaut mieux éviter, écraser le nez avec des pots de peinture ou un fer à repasser, enflammer le crâne au chalumeau et j'en passe... Les enfants sont fins prêts pour regarder le premier Saw dès la Saint Sylvestre !

 

Maman j'ai raté l'avion
 
Le Père Noël contre les Martiens par Geoffrey Crété
Le Père Noël contre les Martiens a beau être moins connu et reconnu que Plan 9 from outer space, il flirte régulièrement avec lui dans le classement des pires films de l'Histoire du cinéma. Cinq ans après Ed Wood, Nicholas Webster racontait la fantastique histoire de Martiens attristés de voir leurs enfants scotchés à la télévision terrienne. Après avoir consulté un Sage, ils décident que la nouvelle génération a besoin de liberté et de divertissement, tout comme le fameux Père Noël de la télévision. La solution s'impose alors : kidnapper la bête et l'amener sur Mars pour qu'il y distribue joie et jouets. Mais évidemment, rien n'est si simple dans la vie, et encore moins au "cinéma". Ici, les Martiens sont seulement des gens en mauvais costumes de Star Trek - combinaisons, antennes et autres sons électroniques - qui vivent dans de mauvais décors - croisement entre une page Ikea style années 60 et le Docteur No de James Bond. Du générique de début chanté par des enfants à la vision en papier mâchée de la planète Mars, le mauvais goût n'a pas de limite, et la farce non plus. La naïveté bienveillante du Père Noël devient peu à peu d'une bêtise ahurissante - il ne réalise jamais qu'on lui veut du mal - tandis que tous les éléments alignés sont d'un vide effrayant - les enfants martiens se nourrissent de compléments alimentaires, les enfants terriens collent leur Père Noël, le méchant est très méchant. Et le pire dans l'histoire, c'est que rien de tout cela n'est voulu. Le Père Noël contre les Martiens a au moins le mérite d'interroger sur les limites entre le nanar culte et la série Z exaspérante. A vous de choisir. 

 

Le Père Noël contre les martiens

L'étrange Noël de Mr Jack par Geoffrey Crété

S'il y a bien quelque chose d'inoubliable dans ce film d'animation trop souvent associé uniquement à Tim Burton, c'est la vision parallèle qu'il offre des fêtes. En prenant place dans un univers craint par tous les enfants - monstres sous le lit, squelettes dans le placard et chien fantôme dans le cimetière - l'histoire du pauvre Jack ouvre une toute nouvelle voie vers l'obscurité des cauchemars. Parce que même les monstres les plus horribles ont un cœur, L'étrange Noël de Monsieur Jack restera un des plus beaux contes qui soit. Un conte empli de poésie macabre et d'idées lugubres qui nourriront les rêves noirs des plus petits - Oogie Boogie et ses vers - et de pistes fascinantes qui hantent les plus curieux d'entre nous - qui ne rêve pas de découvrir ce qui se cache derrière toutes les autres portes des fêtes ? Henry Selick et Tim Burton ont en tout cas prouvé que même les éléments les plus effrayants peuvent cacher la tendresse la plus douce. Malgré la volonté de détourner violemment l'imagerie des fêtes de fin d'année, L'étrange Noël de Monsieur Jack n'est pas une vraie contre-programmation. Mais peu importe, toutes les occasions sont bonnes pour replonger avec Jack et Sally.

 

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