Ne nous leurrons pas. Si
Gremlins 2 existe, ça n'a jamais été par vocation artistique puisque l'essentiel du message - le grain de sable qui bousille le rouage - était évoqué assez concrètement dans le premier opus. Mais le succès rappelle irrémédiablement le dollar. Tant qu'on gagne, on joue et Joe Dante est vivement convié à jouer plus que jamais. Si cette suite reste dans l'ombre de son modèle, elle conservera pourtant le même prétexte à s'essayer aux expérimentations techniques les plus folles. Le premier film basait l'essentiel de son humour sur les capacités des marionnettes, et le second s'engouffrera sans vergogne dans l'orgie d'effets visuels qui lui était désormais possible d'explorer. A l'image d'un Sam Raimi qui tente un peu tout et n'importe quoi dans
L'Armée des Ténèbres peu de temps après, Joe Dante nous livre un étonnant musée des horreurs sans véritable motif concret, si ce n'est pour se dire qu'on peut le faire. En résulte un ovni un peu fou, rapidement incontrôlable, mais étrangement fascinant.

premier du nom, un engin déjà bien allumé dès le départ qui parvient à mêler le cinéma horrifique façon morlocks sanguinaires avec le divertissement familial rendant accro le jeune public à ces monstres pourtant peu ragoûtants. La faute à Guizmo, gentille petite peluche proche du cochon d'Inde qui, en apparence, a toutes les caractéristiques du fameux rongeur. Ca couine, ça dépouille tout et ça ne sert surtout à rien si ce n'est d'être suffisamment trognon pour que l'on gagatte un peu devant lui. Guizmo c'est donc une douce motte bien touffue qu'on prend plaisir à caresser mais qui refile une sacrée vérole si elle est mal entretenue. Ou comment l'anodin animal familial transforme tout un patelin en champ de bataille lorsqu'il se multiplie. Mouilles-le, refiles lui à becqueter après minuit et d'affreux crapauds vicelards abuseront sans la moindre gène des bienfaits de la vie moderne façon Zazon mais en moins sensuel.