1. >
  2. >
  3. >
  4. >La Dvdtheque Ideale : Gremlins 2 [page 1]

La Dvdtheque Ideale : Gremlins 2 [page 1]

Par Arnaud Mangin - publié le 29 avril 2009 à 13h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h28 - 0 commentaire(s)
Ne nous leurrons pas. Si Gremlins 2 existe, ça n'a jamais été par vocation artistique puisque l'essentiel du message - le grain de sable qui bousille le rouage - était évoqué assez concrètement dans le premier opus. Mais le succès rappelle irrémédiablement le dollar. Tant qu'on gagne, on joue et Joe Dante est vivement convié à jouer plus que jamais. Si cette suite reste dans l'ombre de son modèle, elle conservera pourtant le même prétexte à s'essayer aux expérimentations techniques les plus folles. Le premier film basait l'essentiel de son humour sur les capacités des marionnettes, et le second s'engouffrera sans vergogne dans l'orgie d'effets visuels qui lui était désormais possible d'explorer. A l'image d'un Sam Raimi qui tente un peu tout et n'importe quoi dans L'Armée des Ténèbres peu de temps après, Joe Dante nous livre un étonnant musée des horreurs sans véritable motif concret, si ce n'est pour se dire qu'on peut le faire. En résulte un ovni un peu fou, rapidement incontrôlable, mais étrangement fascinant.


GREMLINS 2 – LA NOUVELLE GENERATION (1990)
De Joe Dante
Avec Zach Galligan, Phoebe Cates, John Glover, Robert Picardo et Christopher Lee
Disponible en DVD Zone 1 et Zone 2 chez Warner Home Video

Petit flash-back sur l'énormissime révolution qu'est Gremlins premier du nom, un engin déjà bien allumé dès le départ qui parvient à mêler le cinéma horrifique façon morlocks sanguinaires avec le divertissement familial rendant accro le jeune public à ces monstres pourtant peu ragoûtants. La faute à Guizmo, gentille petite peluche proche du cochon d'Inde qui, en apparence, a toutes les caractéristiques du fameux rongeur. Ca couine, ça dépouille tout et ça ne sert surtout à rien si ce n'est d'être suffisamment trognon pour que l'on gagatte un peu devant lui. Guizmo c'est donc une douce motte bien touffue qu'on prend plaisir à caresser mais qui refile une sacrée vérole si elle est mal entretenue. Ou comment l'anodin animal familial transforme tout un patelin en champ de bataille lorsqu'il se multiplie. Mouilles-le, refiles lui à becqueter après minuit et d'affreux crapauds vicelards abuseront sans la moindre gène des bienfaits de la vie moderne façon Zazon mais en moins sensuel.



Un vrai petit chef d'œuvre en tout cas, mais aussi une illustration assez démentielle des sales gosses qui pourrissent jusqu'à l'extrême la gentille fête qu'aurait du être Noël. Le vice étant vite communicatif, il ne sera pas difficile de chantonner sans s'en rendre compte son "Gnagnagna, gnagna" servant de thème principal. Ca trafique les fauteuils roulants de mémé, ça attache les labradors dans des guirlandes, ça se cache dans un sapin, ça chante, ça danse, ça picole, et ça dépasse suffisamment les bornes pour chercher son plaisir jusqu'au meurtre gratuit. La rébellion fait rage et les vilains Gremlins finiront tous cramés dans un cinéma en regardant Blanche-Neige et les sept nains. Un moment de cinéma assez hors norme qui aura finalement eu raison d'un genre à part entière pour totalement se l'approprier, avant d'être copié ça et là de façons plus ou moins convaincantes. Seul un Gremlins 2 pouvait sans doute encore rivaliser avec Gremlins.


logAudience