Pour le grand public, il est encore Chico, le brésilien extraverti qui a fait les beaux jours d’un opérateur téléphonique. Pourtant Patrick Mille est surtout un comédien de talent. Après avoir travaillé avec Edouard Baer sur le centre de visionnage et
La Bostella, il multiplie les apparitions dans de nombreux films (
Cravate Club,
L’Incruste,
People Jet Set...) jusqu’au jour où Francis Veber lui fait confiance et lui offre le premier rôle conséquent de sa carrière dans son film
La Doublure. Mais c’est avec
La Jungle qu’il aura pleinement la possibilité de montrer à tous ses talents d’acteur. Dans le film de Mathieu Delaporte, il incarne Vincent, une grande gueule qui refuse de prendre ses responsabilités et qui va être amené à vivre avec son meilleur ami Mathias sept jours et sept nuits dans Paris,avec juste sept euros en poche. Boudé à sa sortie, le film pourrait enfin séduire le grand public grâce à sa sortie DVD. En tout cas, on en est convaincu, et Patrick Mille aussi.
Pour commencer pouvez-vous nous parler un peu du film et de votre personnage ? Eh bien
La Jungle est un road movie urbain ayant pour thème central l’amitié. Mon personnage, Vincent, est un éternel adolescent qui refuse de grandir, et son meilleur ami est un garçon un petit peu plus lunaire, interprété par Guillaume Gallienne, éternel étudiant qui refuse de prendre la vie comme elle vient. Ces deux héros sont soumis à une épreuve lancée par le père de Vincent, qui est joué par Guy Bedos, qui nous met au défi de tenir tous seuls dans Paris, pendant 7 jours et 7 nuits, avec juste 7 euros en poche. Donc pour ces deux bras cassés de la vie, qui seraient capables de se noyer dans un verre d’eau, cette aventure va être à l’origine de nombreuses péripéties assez loufoques. Donc c’est une comédie, mais qui contient aussi une belle histoire d’amitié...
Connaissiez-vous Guillaume Gallienne avant La Jungle ? Pas du tout non. Je connaissais son travail, notamment ce qu’il avait fait au théâtre. La seule chose qu’on avait en commun, c’est que lui avait joué dans
Jet Set et moi dans
People. On s’est totalement trouvé pendant le tournage, malgré le fait qu’on a des techniques de travail vraiment différentes. Il n’y a pas eu de tirage de couverture entre nous, c’était vraiment très agréable de tourner avec lui. D’autant plus que c’est un très bon comédien, et tourner avec de bons comédiens est toujours un plus car cela nous tire vers le haut.
Vous aviez travaillé en amont du tournage ensemble ? Oui nous avons fait quelques répétitions avec Guillaume et Mathieu Delaporte, le réalisateur, pour parler un peu des personnages. On a fait quelques lectures pour réfléchir aux intentions qu’on voulait mettre dans ce film. Sinon, une fois qu’on a commencé à répéter, on s’est vu régulièrement avec Guillaume, souvent pour déjeuner, pour se connaître un peu mieux. On était censé jouer deux amis qui se connaissent depuis toujours, donc il fallait qu’on arrive à dépasser le cadre du travail. On s’est rapproché, on s’est raconté un peu nos vies, et ça nous a vraiment aidé à construire nos personnages.
Durant le commentaire, Mathieu Delaporte dit qu’il vous a souvent laissé improviser. Est-ce un exercice dont vous aviez l’habitude ? Oui, car quand je travaillais avec Edouard Baer, sur le centre de visionnage, on fonctionnait beaucoup avec l’impro. D’ailleurs, Chico est né d’une improvisation. Donc c’est un exercice que je connaissais et qui me plait assez, car quand je réussis une impro sur un film, cela signifie que j’ai compris mon personnage et que je suis vraiment dedans. J’aime beaucoup les metteurs en scène qui laisse aller leurs comédiens vers l’improvisation, pour essayer de sortir quelque chose de différent. On a souvent de jolies surprises quand on se laisse un peu aller.
Comment s’est passé votre passage à l’âge adulte ? Tout le monde rencontre ce que l’on appelle les épreuves de la vie, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Forcément en grandissant, on découvre des choses et on se les prend souvent dans la gueule. En ce qui me concerne, c’est encore une chose différente, car je suis acteur. Les acteurs sont d’éternels enfants, puisqu’ils passent leur vie à « jouer » la comédie. Le mot est vraiment significatif de ce qu’est un comédien. Ce côté de l’enfance, des gamins qui jouent aux cow-boys et aux Indiens, on l’a toute notre vie. On est obligé de garder une certaine forme de naïveté. Sinon, personnellement, j’ai vraiment eu le sentiment que j’étais un adulte lorsque je suis devenu papa. A cet instant, ça m’a vraiment changé. Mais ça fait pas très longtemps... 2 ans.