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La Malle A Malice : Hellphone [page 1]

Par Ivenpast - publié le 27 novembre 2008 à 15h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h57 - 0 commentaire(s)
Les films pour adolescents se résument généralement à deux grandes périodes. Des périodes décennales en fait. La première étant celle du milieu des années 80 au milieu des années 90, période faste parmi les ères bénites du film respectueux de son sujet et de la cible visée comptant des pépites comme La folle journée de Ferris Bueller, avec un Jeffrey Jones encore svelte et un Matthew Broderick au top de sa forme dans un rôle qu'il travaille depuis Wargames, celui de l'ado sympa et charismatique du coin de la rue qui devient ici une véritable star du lycée, Une créature de rêve, sorte de préquelle à Code Lisa (excellente et trop courte série TV phare de France 2 Jeunesse) ou bien encore le fameux Breakfast Club de Hugues avec une fois encore Antony Michael Hall (reconverti depuis en journaliste à Gotham City à défaut de jouer les médiums durant ses week end de RTT) . L'autre période, moins intéressante car résumant le monde adolescent à un simple village de satyres en rut et de pétasses blondes à grosses poitrines écervelées (ce qui ne rend en fait justice ni à l'une ni à l'autre des parties concernées) a été inaugurée par American Pie et ses autres suites, le reste de ces navets au goût de cidre étant tombés dans l'oubli. Terminé alors les problèmes existentiels et bonjour les apparences futiles et la quête de popularité, à grand renfort de perte de virginité dans des conditions les plus vulgaires et les plus galvaudées. On retiendra de ce semi naufrage la petite perle qu'est Sex Academy (sobrement intitulé Not an anoter teen movie) qui a su tirer son épingle du jeu en offrant un spectacle certes très vulgaire mais aussi très drôle (mémorable séquence d'introduction mettant en scène un god de la taille d'une batte de base ball , une jeune fille à lunettes, un curé, des scouts, un chien, un gâteau d'anniversaire, Freddie Prince Jr et deux grands parents.....). Les français aussi ont voulu surfer sur la vague du succès US avec le trop plat Sexy boy et sa tarte aux pommes transformée en plat de spaghetti. Le début des années 2000 correspondant à l'avènement assez heureux de grandes sagas cinématographiques (Lord of the Ring, Pirates des Caraïbes) et de revival d'hommes en collants (Superman, Batman ou encore les X-men et autres Blade), le genre ado et petite culottes s'est gentiment calmé et à part une auto resucée d'American Pie qui s'est déclinée jusqu'à un cinquième opus, il n'y a heureusement plus eu grand chose à signaler tant côté américain que francophone.



C'est alors qu'un film , disons le plutôt mineur , sort sur les écrans français avec un Jean Dujardin encore peu connu si ce n'est dans le monde de la télévision via la série Un Gars Une fille ou de la scène grâce au succès des Nous C Nous avec score totalement inattendu au box office et assuré en partie par la population lycéenne et collégienne : Brice de Nice. Héros crétin à l’objectif indéfini et irréalisable (prendre la vague à Nice…) ce blondinet, via la trouvaille du Cassée (qui n’est qu’une simple remise à jour d’un gimmick assez ancien) va déferler sur le pays et dépasser plusieurs millions de spectateurs avant de finir dans les bacs d’un discounter du web bien connu à un prix se situant au dessous des deux euros symboliques. Fort de ce succès et désirant rajeunir encore plus son casting pour nous pondre une fable moderne sur le paraître, James Huth met un nouveau projet en scène et le nomme Hellphone (calembour dissimulé du vocable jeune pour dire et le phone comme le susurrera le jeune héros à son si désiré portable ?).

S’en suive une campagne de promotion tellement étudiée qu’elle en dégoûterai un nouveau né de son biberon avec un Jean Baptiste Maunier avide de casser son image et de faire oublier sa prestation plutôt quelconque dans Les choristes une bande annonce assez efficace et au final , un énorme soufflé qui retombe aussi vite qu’une boule de pétanque lancée du haut de la tour Eiffel.

Pourtant tout était il vraiment à jeter dans ce film prototype destiné à un public bien précis ? Hellphone était il un simple produit de mode cherchant à combiner deux réussites françaises récentes ou bien un futur film en culte en devenir qui bien que ne pouvant lorgner sur les plates bandes de la Hugues Academy finira par trouver son identité propre ?



Comme toute comédie pour adolescents, il est logique de trouver ici une histoire d’amour comme fil rouge. Après tout, si Cid Soupir (les noms des personnages dans ce film sont vraiment très drôle à défaut d’être courant, Maunier ne cessant justement pas de tout le film de soupirer pour sa belle) se procure un téléphone, c’est justement pour pouvoir impressionner celle dont il s’est enticher. La jolie donzelle est une nouvelle arrivant, venue des states et s’intégrant en cours d’année. Elle possède son scooby-gang (une folle de ses cheveux et une pseudo gothique un peu niaise) et semble appartenir à la couche aisée de la population. Parents artiste ou professionnel de skate board (cela ne s’invente pas), détenant une aston martin dans leur cour et une maison remplie d’œuvre d’art, elle s’oppose parfaitement à Soupir, parfait produit de la classe moyenne désargentée, avec une mère faisant des ménages pour survivre et lui-même travaillant après les cours au McDo local, le « Poulet Fritz », régenté par un patron hilarant (sûrement l’un des meilleurs bien que l’un des plus courts rôle du métrage) empreint de despotisme (« il ne faut pas mettre la chapelure avant les œufs étant son leitmotiv principal).


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