Pour terminer, nous reviendrons un peu sur la course poursuite de ce film. On sourit tout d’abord quand on voit Bond au début du métrage au volant de la Lotus blanche qui fit tant sensation durant l’Espion qui m’aimait. Vu l’arsenal qu’elle représente et considérant que l’eau sera un élément important de cet épisode, on se régale à l’avance. Prenant les attentes du spectateur à contre pied et ne cédant pas à la si plaisante fatigue intellectuelle des dernier Hamilton qui lui s’était laissé enfermer dans la routine, Glen prive son agent de son carrosse au moment où celui-ci en a le plus besoin. Et Bond devant fuir avec Melina pour sauver leur vie, la lotus étant détruite, on se demande bien quelle voiture va prendre le relais. L’instant comique et désespéré est énormissime quand la petite deux chevaux apparaît à l’écran. Bond se retrouve non seulement livré à lui même, sa vie étant entre les mains d’une tueuse dont il ignore encore l’identité et leur issue dépend de la voiture la moins rapide qu’il ait jamais eu a conduire et accessoirement la plus fragile. Mais ce n’est pas grave, Bond is Bond et une fois qu’il aura réussi à mettre la main sur le volant en question, il démontrera une fois de plus qu’un espion ne se laisse jamais abattre et fait toujours avec les moyens du bord, jusqu’à nous offrir (merci M Julienne) une cascade improbable avec un vol plané contrôlé et une arrière heurtant le toit de la voiture ennemie. Peut être moins impressionnant sur le moment que le demi tour de vivre et laisser mourir mais tellement plus sympathique et plus marquant, sans compter que Bond réussi à faire rire Melina entre deux secousses de suspension. Du grand art vraiment démontrant une fois de plus que l’intérêt d’un opus doit avant tout reposer sur ses personnages phares plut^to que sur le côté promotionnel des gadgets à tout va.

Rien que pour vos yeux renoue donc avec une tradition oubliée qui avait les beaux jours de Bond à la fin des années 60, sans pour autant renier ses aventures passées. L’action est toujours présente, la JBG est belle et intelligente et les rebondissements sont légions. Pas l’un des meilleurs Moore, il est vrai mais très proche de l’Espion qui m’aimait dans son approche de la franchise, la grandiloquence et l’esbroufe en moins, l’efficacité en plus.
Merci aux fidèles qui ont tenu jusqu’ici et à bientôt. Et n’oubliez pas, réagissez !
Ivenpast