Par Nicolas Houguet - publié le 10 juin 2008 à 03h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h24 - 0 commentaire(s)
Francis Ford Coppola pensait avoir dit un adieu définitif à Michael Corleone dans le final sans équivoque du Parrain 2. Mais à la suite de films qui furent de véritables gouffres financiers (comme Cotton club) et pour éviter la banqueroute (il a toujours risqué beaucoup pour ses films, on se souvient de sa situation pour Apocalypse now), il accepte de réaliser un dernier volet à sa trilogie. Initialement, il voulait afficher clairement son intention en l'intitulant: « la mort de Michael Corleone ». Le film est tourné longtemps après ses prédécesseurs, en 1990, et se doit absolument d'en retrouver l'esprit pour leur adjoindre une conclusion grandiose.


Le cinéaste, toujours assisté de Mario Puzo au scénario, choisit d'être plus démonstratif, d'adoucir Michael dans la maladie et la vieillesse et de reprendre assez scrupuleusement la structure du premier volet. Le Parrain 3 apparaît d'abord comme une oeuvre référentielle, multipliant les clins d'oeil au passé. Même l'apparition de nouveaux personnages se justifie ainsi, l'amour de Vincent Corleone et sa cousine Mary étant par exemple très directement rapproché de celui de Michael et d'Apollonia. On sent également chez Coppola, la volonté d'achever son oeuvre, comme un opéra, avec cette esthétique classique qui renoue avec des thèmes éternels (le pardon, la rédemption, l'amour impossible, le châtiment).


Le Parrain 3 constitue une oeuvre cohérente, mais en légère rupture de ton avec les autres volets. Cela devient le dénouement de la tragédie d'un homme, pleine d'émotions et de sentiments au grand jour alors qu'ils n'étaient que suggérés auparavant. Ce volet vient parachever une trilogie bouleversante, une véritable tragédie où un homme a tenté sans cesse d'échapper à son destin sans jamais y parvenir (comme tous les héros tragiques).


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