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Last Action Hero : Popcorn Reborn [page 1]

Par Florent Kretz - publié le 24 octobre 2008 à 19h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h56 - 0 commentaire(s)
Chers amis ! Nous nous retrouvons enfin, après deux semaines exceptionnelles durant lesquelles notre rendez-vous fut annulé. Aussi certain que j’ai fort apprécié les quelques messages inquiets, soyez sûrs que si nos petits moments de bonheur de la fin de semaine vous manquèrent, nos rencontres reportées furent tout aussi regrettables pour votre serviteur. Mais nous voilà à nouveau réunis, évitons les convenances et tentons de répondre aux interrogations qui furent posées lors de notre précédent numéro consacré au kitsch à souhait mais extraordinaire Running Man (oui, j’assume !). Ainsi, je vais tenter d’aborder les deux trois points rapidement, de façon à ce que nous puissions passer au vif du sujet. Se succéderont donc l’explication du pourquoi de l’annulation des précédents numéros puis nous tenterons, à la demande de l’ami Kwisatz H, de définir la direction dans laquelle va votre rubrique chérie. Commençons donc par nous excuser auprès des amoureux de John Badham qui s’attendaient sans doute à retrouver le diptyque promis autour de la technologie : ils comprendront certainement, lors des quelques éclaircissements à venir, à quel point l’entrée d’une œuvre telle que Last Action Hero était indispensable à ce moment de notre aventure. Malgré tout, la découverte de Tonnerre de Feu n’est que partie remise et soyez certains que la bande sympathique fera son apparition dans les semaines à venir. Sachant que Big Brother est bien plus présent que ce qu’on ne le pense et que la Vérité est évidemment ailleurs, nous mettrons notre absence sur le dos d’une certaine perte des illusions et de la foi : à partir de l’instant où la passion est appelée à devenir une routine incomprise, peut-être faut-il laisser la flamme étouffée se remettre à son aise. Loin de moi l’idée de vous mêler à ce désarroi et, au contraire, c’est dans cette communion universelle que l’on finit par se retrouver.



Les rencontres successives de deux êtres d’un autre espace et d’un autre temps (Shyamalan et Monsieur Tchernia) auront bien affirmé cette incroyable vivacité de l’Amour que nous portons au Cinéma : ce ne sont pas les mêmes œuvres, ce ne sont pas les mêmes règles, mais le verbe est le même… Pour répondre à la question « qu’est-ce qu’un film popcorn pour vous ? », je synthétiserai en évoquant l’existence de certaines œuvres qui, même si elles ont eu recours à un gros budget, furent avant tout bâties sur un désir de partage et de rêve. Des films qui furent imaginés comme « plaisir » et non pas uniquement comme « produit », le terme revenant, hélas, un peu trop souvent… Les discutions et les grands discours résumant le cinéma à une « industrie de pointe » -et tout ce qui en découle- sont, à mon avis, les principales raisons du désintéressement général du public pour les salles obscures. Lorsque l’imaginaire devient vénal et que le songe prend le visage d’un commerce (bien au-delà de ceux qui font le film), peut-être faut-il s’inquiéter pour la santé de notre Art. Pourtant, le fordisme semble bien s’être immiscé dans les sphères au point que même l’ivresse intègre commence à véroler les plus fidèles en bas… Impossible donc de venir vers vous avec cette aigreur que vous auriez fatalement cernée tant nous semblons être sur les mêmes réseaux : même si nous ne sommes pas toujours d’accord, la rubrique et nos relations sont, à quelques stupides exceptions près, avant tout construites sur le respect et la compréhension de l’autre et ces échanges font partie intégrante de la rébellion amoureuse et sincère… Mais revenons au sujet : il semble évident que Last Action Hero était le seul véritable prétendant pour réellement définir notre raison d’être.



Et ce qui est absolument excitant dans le métrage du grand McTiernan, c’est que s’il restera pour beaucoup un échec commercial retentissant ou un produit catalogué « Schwarzenegger », Last Action Hero est pourtant l’une des plus belles et grandes déclarations d’Amour à l’Art, doublée d’une entreprise à l’ambition suicidairement passionnelle ! Ou comment ce qui se veut être officiellement le pastiche d’un genre s’avère être le rappel désespéré de ce qui lie la fiction au spectateur. Peut-on parler du Cinéma, de la Littérature ou de la Peinture comme des passions, des intérêts, des hobbies ou, au pire, d’un commerce ? Quelques uns, intellectualisant, s’empresseront de dire qu’il s’agit avant tout d’Arts tandis que les consommateurs rappelleront à quel point la rubrique est, je cite, « de la branlette »! Devrions-nous oser rappeler alors que le terme Art est maintenant galvaudé et qu’à force d’élitisme et de ségrégation, les gens ne lisent plus et ne vont plus au musée : même lorsque la possibilité leur est offerte, grâce à des textes gratuits ou autres, il a été démontré qu’ils s’impatientaient et n’allaient pas au bout… Profitons-en pour rappeler aussi que si le Spectateur -ou Lecteur ou Auditeur- ne se mobilise pas et n’offre pas en retour aux œuvres un minimum d’affection, celles si disparaîtront et feront place à une débilisation assumée. Ou comme le disait un collègue : l’avenir du cinéma s’appelle le Jeu vidéo… Pas très ragoûtant tout cela et Last Action Hero est l’un de ces monuments exceptionnels qui mériterait d’être mis en exergue tant il est un appel à l’implication du public et brûle d’une flamme géniale envers l’univers de l’Imaginaire…


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