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Le Choc Pusher : Dossier + Test Dvd [page 1]

Par - publié le 15 mai 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h38 - 0 commentaire(s)
Avec la trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn devrait certainement convaincre ceux qui étaient restés rétifs face à son pourtant stimulant Inside Job. Sous la double influence de Cassavetes et Scorsese, le réalisateur danois musarde dans tous les registres pour imposer une maestria formelle et conter des récits sang-pour-sang noirs. Des éclats de bobine touchent comme un crève-coeur. Immense découverte désormais disponible en zone 2 dans un beau coffret.


Ceux qui ont succombé aux beaux mystères d'Inside Job, expérience étrange dans laquelle le réal s’amusait avec le regard complice et amusé de Hubert Selby Jr alors co-scénariste, à échafauder une intrigue tordue qui lorgnait ouvertement vers le Lynch de Lost Highway et le Antonioni de Blow Up savent de quoi Nicolas Winding Refn est capable. Dans ce long métrage US dans lequel le récit était sciemment déconstruit (on donne tous les indices au début puis on retire toutes les briques pour laisser apparaître la tristesse inconsolable d’un personnage incapable de faire son deuil), Refn révélait une faculté à sonder les tourments intérieurs, à laisser planer le doute et l’ambiguïté, à capter une menace sous-jacente, contenue voire invisible.


La sortie de sa trilogie Pusher qui se fait avec beaucoup de retard (le premier volet a été réalisé il y a dix ans) confirme le talent d’un cinéaste très doué. Tout d’abord, elle permet de constater l’étendue de la palette émotionnelle de l’acteur Mads Mikkelsen (le méchant du prochain James Bond), la force d’un cinéma danois loin de se cantonner aux exercices de laboratoire de tonton Lars Von Trier et surtout l’éclectisme revigorant de Nicolas Winding Refn. Rassurons les plus inquiets: les trois Pusher ne sont en rien des précipités Lynchiens ou des coups d’esbroufe de petit malin. Ils possèdent chacun une identité narrative et visuelle qui montre que le réalisateur aime à varier les codes, les genres et les idées et surtout porter un regard ironique et distancié sur ce qu’il filme. Ainsi, même les actes les plus horribles à l’écran sont amplifiés par un humour tacite et un regard sur l’existence d’un cynisme dévastateur. A aucun moment, la violence n'est gratuite parce qu'elle ne provoque que des catastrophes en chaîne et ne génère que souffrance.


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