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Le Cinema Americain Fait Son Coming-out [page 1]

Par Kevin Dutot - publié le 01 mars 2008 à 04h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h19 - 0 commentaire(s)
A l'occasion de la sortie en DVD du film Loggerheads de Tim Kirkman, une histoire sensible et intelligente sur la quête de soi et le refus de l'homosexualité par les proches, DVDrama vous propose un panel de quelques long-métrages sur un thème délicat qui a parfois su offrir de véritables perles cinématographiques... Drôles, touchantes, émouvantes, trash ou carrément décomplexées du slip, les oeuvres qui brandissent le drapeau multicolore ont permis au cinéma de se déshiniber et de montrer que les plus belles histoires d’amour au cinéma pouvaient aussi se conjuguer uniquement au masculin ou au féminin. De La Corde à Brokeback Mountain, en passant par Créatures Célestes, Philadelphia, Boys don’t Cry ou Loin du Paradis, voici une seléction de films américains qui ont marqué les esprits par leur ouverture, leur intelligence et leur volonté de faire tomber les préjugés.


LA CORDE d'Alfred Hitchock
S’il paraît aujourd’hui évident que le couple d’étudiants du film se compose de deux jeunes homosexuels, l’évidence ne crevait pas l'écran en 1948, année de sortie du film. D'ailleurs le réalisateur ne construit pas un film sur l'intrigue policière mais bien sur cet étrange lien qui lie les protagonistes. Jouant constamment sur un étrange jeu de domination, de séduction mais également sur la révélation d’un meurtre symbolisant leur intime relation, Hitchock se plaît à faire entrer dans leur appartement une multitude de personnages susceptibles de découvrir un double secret. Les plans équivoques où les deux hommes sont trop proches l’un de l’autre pour ne pas avoir l’envie d’aller plus loin, la multiplication des dialogues à double-sens et la dimension jouissive et sexuelle de leur assassinat sont autant d’éléments qui traitent de l'homosexualité de manière assez frontale. Il est assez étonannt de savoir qu'Hitchcock, cinéaste conservateur, est l'un des premiers au cinéma américain à avoir traité d'un tel sujet avec autant d'aplomb, de subtilité et de double-sens. A l'aube des années 1950, l'homosexualité était tout simplement interdite au cinéma et Hitchcock réussit la prouesse technique du long plan séquence mais également la prouesse de soulever le voile sur un un tabou pour la première fois.


FLESH de Paul Morrissey
Il faudra attendre les années 1960, la libération sexuelle et l’explosion des moeurs, pour que l’Amérique puisse enfin faire un véritable coming-out au cinéma. Dans la lignée des oeuvres underground d'Andy Warhol (producteur du film), la trilogie de Paul Morrissey permet à la fois de découvrir un comédien hors du commun, Joe D'Allessandro et un film qui se confronte à l'homosexualité brutale liée à la prostitution dans les quartiers pauvres de New-York... Si le film fait référence en matière de métrage expérimental, il est également un excellent moyen de déstabiliser le public en le confrontant littéralement à la sexualité entre hommes. Cependant, l'aspect post-beat-generation, tendance contre-culture de l'oeuvre ne lui permet pas d’être largement diffusée en salles. Si l’épisode FLESH de la trilogie est aujourd’hui culte, c'est notamment pour son point de vue cru, parfois poétique mais toujours teinté d'une certaine violence, sur les gays. Cependant, le film n'offre pas une excellente image de la communauté homosexuelle new-yorkaise et aurait tendance à ne montrer que l'aspect physique et dérangeant de certaines pratiques présentées avec une propension au voyeurisme. Le propos est tenu de bout en bout et la volonté de réalisme quasi documentaire rend hommage à un aspect spécifique des gays new-yorkais mais ne permet pas néanmoins de rendre les amours homosexuelles accessibles au spectateur lamba...


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