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Le Cinema Americain Fait Son Coming-out [page 3]

Par Kevin Dutot - publié le 01 mars 2008 à 04h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h19 - 0 commentaire(s)
Les années 1990 permettent au cinéma américain de se désinhiber et de se confronter à l’homosexualité de manière plus frontale. Boy’s don’t cry, In and Out, Entretien avec un vampire sont autant d’oeuvres traitant clairement de liens homosexuels mais dans des genres complètements différents. Entre le drame social, la comédie délurée et le film fantastique, l’homosexuel est tendance et semble désormais entrer pleinement dans le cadre des producteurs américains. D’ailleurs les petites productions se multiplient ! Quelques jeunes réalisateurs vont mettre en scène des films sur le coming-out, les liens familiaux ou la sexualité avec plus d’aisance et de décontraction. Tous les coups sont permis et les homosexuels ne sont désormais plus l’apanage du cinéma underground aux tendances farouchement glauques et violentes.


CREATURES CELESTES de Peter Jackson
Ce qui est étonnant, c’est que l’homosexualité féminine a mis bien plus de temps à se sortir des productions pornographiques pour etres transposée de manière plus classique au cinéma... L’un des grands films sur une histoire d’amour entre deux jeunes filles n’est autre que le film à double nationalité (néo-zélandais et américain) de Peter Jackson : Créatures Célestes. Célébrant l’amour de manière complètement fantasmagorique, traitant du refus de la sexualité des enfants pas les parents, du besoin de se cacher symbolisé par l’imaginaire débordant des jeunes femmes, le réalisateur met en scène une oeuvre passionnante et alliant habilement le cinéma fantastique au drame familial lié à l’homosexualité d’un enfant.

LOIN DU PARADIS de Todd Haynes
Véritable chef d’oeuvre de pudeur et d’intelligence, Loin du Paradis de Todd Haynes fut l’un des plus grands films de ce nouveau millénaire traitant de l’homosexualité. Avec une Julianne Moore toute en retenue et un Dennis Quaid enfin utilisé à sa juste valeur, le film est un tableau des années 1950 conservatrices et un portrait d’épouse édifiant. Portée par cette volonté profonde de montrer un homme comme les autres, mari, se révélant homosexuel, le cinéaste réalise quasiment le premier coming-out filmique du cinéma américain et définit les failles d’une société hypocrite. Délicat, subtil et paradoxalement très contemporain, Loin du Paradis dessine également un pont entre le sort reservé aux gays et le racisme que subissent les commnautés noires dans la même période ! Edifiant...


Les années 2000 sont ouvertement homosexuelles, ou plutôt bisexuelles... Aujourd’hui, des films comme Brokeback Mountain, Shortbus, Monster, Echo Park L.A ou Mysterious Skin ainsi que le cinéma de Gus Van Sant ont participé à créer un cinéma décomplexé et ouvertement gay-friendly. Un film comme V pour Vendetta construit une de ses plus belles et longues séquences autour d’un couple de jeunes femmes homosexuelles, Kiss Kiss Bang Bang fait de son héros un détective viril, efficace mais so gay, Mulholland Drive fait dans l’onirisme lesbien, The Hours met au coeur de son intrigue un Ed Harris d’une sensibilité incroyable... Bref Hollywood est devenu avec le temps, la terre promise des homosexuels et permet peu à peu de reconstruire une meilleure image de la communauté gay dans un schéma cinématographique plus classique. Et un jour, sûrement, ce travail participera à effacer les préjugés... C’est tout ce que l’on souhaite.
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