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Le Cinema De David Ayer [page 3]

Par Florent Kretz - publié le 07 janvier 2009 à 00h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h55 - 0 commentaire(s)
L’année suivante, il prend pour la première fois sa ligne de conduite en main : il propose une relecture de Point Break façon Tunning pour se faire de l’argent et livre son premier script personnel portant ses propres obsessions : si Fast and Furious se révélera être une excellente surprise au box-office en matière de divertissement, Training Day, réalisé par Antoine Fuqua, fait froid dans le dos par sa maîtrise du récit et la maturité de son style. Oscarisé pour la prestation de Denzel Washington dans le rôle d’un policier mégalo sombrant dans son propre délire égocentrique en plein territoire des gangs, le métrage impose Ayer comme le scénariste à avoir sur un projet.



Le film lui ouvrant les portes, il en arrive à rencontrer l’un de ceux avec qui il avait le plus d’affinités : James Ellroy. Comme Ayer, ce dernier est littéralement hanté par Los Angeles, cité dont il s’éprend mais qu’il rend responsable de bien des maux : entre le meurtre de sa mère et les crises de folie urbaine dans lesquelles il se retrouve mêlé, Ellroy fonde tout son Art sur l’expiation par l’écrit : Cop, L.A. Confidential, le roman du Dalhia Noir… Sa dernière histoire traite justement des émeutes du début des années 90 et il demande à Ayer de l’adapter pour le grand écran : ce sera Dark Blue, polar sinistre et déprimant, porté par un Kurt Russell au potentiel exploité avec finesse et incarnant à lui tout seul la thématique analogique des deux hommes… Complètement dans son élément, Ayer livre le meilleur de lui-même et s’empare du savoir que lui confie Ellroy pour s’affranchir de ses propres hésitations juvéniles.

Il accepte alors de mettre par écrit l’adaptation de Swat… Prenant sur lui pour s’investir un minimum dans le métrage, il cache bien que son but est de couvrir les frais du long métrage qu’il souhaite réaliser. Troublé par le conflit en Irak qui prend de plus en plus d’ampleur, il rédige le retour d’un ancien boucher de l’armée que l’on refuse de réinsérer. Le script, courageux et éloquent, parviendra jusqu’à l’agent de Christian Bale qui décidera de produire le film : Bad Times marquera la quintessence du jeune homme. Révulsant et provocant, d’une noirceur trouble, d’une rage rare et d’une sensibilité bouleversante, le retour du GI au pays se fera le porteur visionnaire d’un étendard qui sera levé par plus d’un quelques années plus tard.



Son coup de maître de 2005 étant concluant, il tente de se replonger dans les histoires de magouilles judiciaires avec Au bout de la nuit mais s’atèle cette fois au scénario d’un autre. Incapable d’opérer les modifications indispensables, il ne parvient pas à s’emparer du matériau pour le transcender. Il prouve à la place sa capacité à faire dans le fonctionnel et parvient à offrir un joli divertissement de plus à Keanu Reeves… Un petit écart dans sa toute jeune carrière mais qui risque de trouver un nouvel élan très prochainement. Alors qu’il a su dévoiler sa vision couillue, assumée mais réfléchie des choses, tandis qu’il a sous-entendu que rien ne pourrait le faire taire, il se dit qu’il préparerait une relecture contemporaine du mythique La Horde Sauvage de Peckinpah. Une initiative plutôt futée qui dévoilerait peut-être l’avenir du cinéaste… Alors ? David Ayer : relève des Peckinpah, Hill et autres Milius ?
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