Ainsi, encore plus que les simples véhicules volontairement oldies ou même les personnages qui parfois se plaignent d’être hors du coup, c’est la nature même des protagonistes qui sont définis comme tels : si notre détective laisse partir à Volo sa vie en regret de ses exploits du passé, il en est de même de son co-équipier d’infortune, Jimmy Dix, ancien footballeur que la mort de sa femme et de son gamin a transformé en has been toxico. Même les méchants y vont de leur petit coup de nostalgie puisque étant les hauts dignitaires des organisations sportives qui sont obligés de tomber dans les magouilles pour survivre, l’intrigue se rapprochant dans ce sens du sujet du film de Stone, L’enfer du Dimanche. Mais bizarrement, Black offre le statut de badguys à ceux qui tentent d’évoluer en se reniant : la fin sera tragique pour eux mais surtout d’une cruauté incroyable, le scénariste semblant insister sur le fait que chacun doit se faire une place pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’on attend de lui, que cela plaise ou non ! Éternels insoumis irrévérencieux à l’image d’un Scott qui éclatait tout le monde dernièrement avec son avant-gardiste et très réussi
Domino, chaque intervenant contribue à cette intrigue passionnante, mordante, exceptionnelle et dans laquelle les personnages évoluent devant des panneaux d’une autre époque, révolue mais éternelle, pleine de pin-ups peintes sur les murs et d’éléments du passé que l’on peut toujours aduler…
Le dernier Samaritain, dont le titre et son sens prennent soudain toutes leur importance désespérée au détour d’un autographe par une star déchue à une gamine hors norme, est un film comme on en fait plus et qui possède plus d’un atout dans sa manche. Outre le fait que l’acolyte soit interprété par Damon Wayans (frère des trois terribles à qui l’on doit les
Scary Movie) que Willis avait rencontré sur la suite de
Allo Maman ici Bébé, le reste du casting connaît quelques noms sympathiques. Le premier n’est autre que celui de la terriblement sexy Danielle Harris qui, à l’époque, n’était encore qu’une môme que l’on avait découverte quelques années plus tôt dans le rôle de la tarée Jamie Lloyd dans les
Halloween IV et V. Si elle a depuis bien grandi et qu’on n’a pu la remarquer bien « changée » dans
Urban Legend ou encore la version réussie et courageuse du classique de Carpenter par Rob Zombie, elle est ici dans le rôle de l’horrible Darian, gamine qui mériterait bien des claques et surtout une visite chez le psy tant elle réclame en permanence de se faire dépuceler au travers de la bouche poilue d’une marionnette de chat -qui se révélera être l’outil le plus fun dans toute l’Histoire de la fusillade un peu plus tard. A ses côtés, on peut retrouver Chelsea Field en maman et salope de service dont on avait pu voir la frimousse dans
Commando et surtout l’excellent
Prison de Renny Harlin. C’est sans compter sur la présence, le temps d’une baisouille et d’un coup de fil de Bruce McGill, éternel Jack Dalton moustachu dans MacGyver mais aussi présent dans un nombre de films remarquables et considérables (Silkwood,
Cliffhanger,
Timecop mais surtout dans les trois de Michael Mann :
Révélations,
Ali et
Collatéral)… Bref un casting de choc pour un film dont la date de sortie prévue pour le 13 décembre 91 fut annoncée sur le tard, au point que les acteurs durent placer dans les dernières prises que c’était vraiment un Noël pourri pour pouvoir faire postuler le métrage comme divertissement officiel de fin d’année !
Un film, par son extravagance, qui connaît une réputation très particulière : alors qu’il connaît un statut de film culte, il est aussi l’un des boulots de Willis les moins connu et ce malgré les 60 millions de $ amassés au box-office ! Haï par beaucoup pour les idées sans concession dont il se nourrit, le film était même détesté par le feu Michael Kamen qui ne composa la bande originale que pour faire plaisir à Willis et Silver. Quoi qu’il en soit, il s’agit vraiment d’un des plus terribles films Popcorn et il possède amplement sa place dans la rubrique ! La semaine prochaine, on se détend gentiment et on se marre un grand coup avec
Hudson Hawk dont on ne parle décidément pas assez ! Allez, les gars lâchez-vous sur le forum car cette semaine
le Dernier Samaritain vous le permet. Bonne semaine et rendez-vous vendredi prochain…