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Le Jour D'apres : Special The Wrestler [page 2]

Par - publié le 09 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 09 octobre 2009 à 15h21 - 0 commentaire(s)
A l’image de Rourke, The Jam est un has been qui a besoin d’un dernier combat d’envergure pour partir en beauté et avec dignité. A la vision du film on pense irrémédiablement au poignant Rocky Balboa de Stallone, sorti il y a maintenant deux ans et donc The Wrestler, même si il traite d’un autre sport, arrive un peu en retard sur le portrait du sportif autant cogné par la vie que par les coups. Ceci dit, rien ne vous empêche d’apprécier l’un et l’autre (ce que j’ai fait) car tous les deux possèdent leurs propres identités, directement liées à leurs protagonistes. Ici The Jam, tout comme Stallone-Rocky, est un être meurtri par la vie, qui porte sa carcasse de colosse comme d’autres leurs croix. Le poids de ce corps et de cette image deviennent trop lourds à porter. Ils sont ce qu’ils veulent éviter d’être : des monstres de foire. Mais ils adorent, par contre, assurer le show ; se donner en spectacle. C’est ce qui fait la force du catch, sport ô combien mis en scène. Et Aronofsky filme tout ça : la préparation de matchs mi-truqués mi réalistes où sang et larmes coulent sur scène pour assurer un spectacle tout droit issu de ceux que donnaient les gladiateurs autrefois. Même si le final diffère (ici il n’est absolument pas question de tuer). Tout l’envers du décor est dévoilé mais sans volonté d’écorner un mythe, juste montrer la réalité dans ce qu’elle a de plus pathétique et de plus beau.



Mais tout le film ne se base pas sur le catch mais sur un catcheur. Sa vie de looser est transfigurée par son personnage qui ne baisse pas les bras. Allant contre sa nature contradictoire, égoïste, Randy The Jam tente même à un moment de se réconcilier avec sa fille qu’il a laissé tombée quand il était au top. Désormais, alerté par son état de santé vacillante, il va essayer de changer. Mais cela ne se fera pas sans mal. Les scènes entre Rourke et Wood sont d’une infinie justesse et rendent bien compte de la complexité qui peut exister dans les rapports enfants - parents. La scène sur le ponton où il tente de s’excuser est bouleversante. En cela Rourke prouve qu’il peut aussi bien incarner son personnage de façon physique que de façon dramatique et cela n’est pas une révélation mais avec ce film (qui lui a fait remporté le golden globe du meilleur acteur cette année et bientôt, on l’espère, l’Oscar), Rourke prouve aux producteurs qu’on peut bâtir de nouveau un film avec lui en tête d’affiche, en espérant qu’il ne soit pas rattrapé par ses vieux démons. Citons aussi Marisa Tomei en stripteaseuse attachante qui tombe amoureuse de Randy mais qui ne veut pas s’engager avec un client. Donc en résumé The Wrestler est un film d’une grande sobriété qui vaut plus par son interprétation fabuleuse que par son scénario déjà vu. Ne mérite peut-être pas le lion d’or qu’il a remporté mais mérite toute votre attention. Les bons films, aussi classiques soient-ils, restent rares de nos jours pour ne pas les bouder.

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