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Le Robot, Menace Extra-terrestre [page 1]

Par Kevin Dutot - publié le 09 janvier 2009 à 09h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h01 - 0 commentaire(s)
A l’occasion de la sortie imminente du dernier né des studios Pixar, Wall-E, en DVD, nous vous proposons de plonger au sein de l’histoire des robots sur grand écran à travers une série de dossiers exhaustifs retraçant le parcours de la robotique au cinéma. Il y a quelques jours, vous pouviez ainsi lire un article sur le robot comme objet d’asservissement de l'homme et nous tâcherons cette fois-ci de nous concentrer sur les années 1950 lorsque Hollywood, confronté à une guerre froide basée sur les armes de dissuasion, utilisait la science-fiction pour nous prévenir des dangers du communisme en utilisant des robots à l’intelligence extra-terrestre... Devenant le symbole du progrès total dans le film de Robert Wise, Le jour où la Terre s'arrêta ou Forbidden Planet de Fred McWilcox, le robot est aussi une source de danger et conflits dans une série de petits films « B » bas de gamme où de méchantes boîtes de conserves sont animées d’un violent sentiment de haine envers l’être humain. Petit passage en revue de ces méchants micro-ondes qui ont conçu, durant toute une décennie, une forme d’imaginaire collectif autour des méchants robots de l’espace. Vous avez dit culte ?



Tout commence en 1951 avec le gigantesque Gort, le robot surpuissant du Jour où la Terre s'arrêta qui, à première vue semble particulièrement menaçant envers la race humaine. Il est en fait le symbole même du progrès et de l’avancée technologique prônés par l’Amérique qui, dans les années 1950, est un véritable vivier à inventeurs qui se mettent à imaginer toutes sortes d’objets ménagers pour faciliter le quotidien d’un pays terrorisé par une guerre sournoise. Si Gort est ici pour prévenir des dangers d’une nouvelle guerre sur la planète et semble plus enclin à secourir les humains, il donne néanmoins une petite idée aux producteurs d’Hollywood qui voient ici une aubaine pleine de ressources : le robot comme menace extra-terrestre. Il faut néanmoins bien cerner que ce courant cinématographique particulièrement mineur va à l’encontre des grandes idées soutenues par l’Amérique progressiste de cette période. Le robot de Forbidden Planet est le gadget ultime et sympathique dont les Américains raffolent, une sorte de télévision croisée à un grille-pain géant et tous les robots créés dans les grosses productions américaines vont dans le même sens : le progrès c’est utile et c’est bien.



Mais voilà, alors que les petits bonshommes verts envahissent les écrans de cinéma, quelques producteurs préfèrent alors envoyer de méchants robots comme véritable menace venue d’ailleurs... Comme si le progrès, finalement, présentait un certain danger. On doute néanmoins que ce soit véritablement l’ambition de ces productions de dénoncer les dérives d’une société impatiente et trop progressiste et il serait plus sage de considérer ces quelques métrages comme le résultat d’une mode mettant en exergue le robot comme figure emblématique du cinéma de science-fiction américain dans les années 1950. D’autant que le premier but n’est jamais perdu de vue... ces robots méchants ont pour la plupart été conçus dans le cadre du complot international communiste. On ne change pas une équipe qui gagne... L’effet obtenu semble alors paradoxal et c’est ce qui fait le charme de ces petites productions douteuses désormais cultes.


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