Même plein d’assurance et de confiance, les hors-la-loi ne sont pas à l'abri de la crise.
Daniel Craig dans Layercake, est un criminel en col blanc qui gère son business en golden boy, feignant presque d’ignorer sa nature condamnable (il gère son trafic de drogue comme un trader…), il finit par être pris dans l’enchevêtrement du Mal auquel il a contribué. C’est également le cas du trafiquant campé par
Nicolas Cage dans
Lord of War, même s’il ne fait à l’origine que fournir un service, la nature vénéneuse de ses activités va bientôt le submerger. Et d’un coup, le gestionnaire brillant ne contrôle plus rien et sa vie devient un cauchemar.
Même le tueur imperturbable et prédateur de
Collateral de
Michael Mann voit ses plans bouleversés par un chauffeur de taxi récalcitrant et beaucoup plus combatif que prévu. Et même ce Tom Cruise glaçant et grisonnant connaît le stress et la tension qui causeront sa perte, gripperont sa nuit bien planifiée. Peu à peu ce moment ressemble à un cauchemar et très vite, c'est une lutte à mort très inégale qui s'engage.
Enfin, impossible de ne pas mentionner le personnage principal de l'excellente série Les Soprano, mafieux opulent et homme d'influence, qui fait des crises d'angoisse et des malaises inexpliqués, contraint de s'ouvrir de son vague à l'âme à une psychanalyste. Il dévoile les arcanes de son monde et ses névroses intimes: ses problèmes avec ses parents, avec ses enfants et avec sa femme.
La figure du Gangster est totalement démystifiée pour pointer, parfois de manière absurde, des malaises finalement assez communs (même s'ils sont ponctués de meurtres et d'actions immorales). Et c'est avec Tony Soprano que l'on se rend compte que les bandits sont comme nous. Les tueurs peuvent être impuissants, déprimés, voire même perdus dans Bruges où ils s'ennuient jusqu'au sublime. Le cinéma est assez riche pour pointer leur aspect humain et dérisoire, bien loin du romantisme dont on les voit souvent auréolés.