Ainsi,
Le Vieux Jardin par sa construction hautement signifiante et profondément symbolique réussit un tour de force cinématographique entre subtilité et maestria narratives. Et ce constat est d’autant plus vif si on s’attelle à le comparer à l’architecture de
la Pègre, l’un des derniers très bons métrages d’Im Kwon-taek qui lui faisait défiler au contraire du
Vieux Jardin, l’existence de ses protagonistes de manière essentiellement linéaire et chronologique.
La Pègre introduit en effet son histoire dans le cadre d’une fresque portant sur le rapport au politique et au pouvoir sur plusieurs décennies en Corée du Sud, tout en montrant les traces de la dictature et l’émergence de la forme démocratique. Tandis que
Le Vieux Jardin réalise le même chemin et traite des mêmes conflits par le biais d’une seule narration éclatée aussi joueuse que pensée.
Dès lors,
Le Vieux Jardin en écho cinématographique à
La Pègre, au
Président’s Last Bang et à
Une Jeunesse chinoise pour l’exaltation de sa jeunesse et sa répression, ne peut qu’intéresser et emporter les suffrages, notamment parce qu’il double son propos romantique et tragique d’une construction historique complexe et le fait profiter d’un montage aussi habile que mûrement réfléchi.