Par La Rédaction - publié le 16 novembre 2007 à 11h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h27 - 0 commentaire(s)

BEN HUR – EDITION PRESTIGE
Oscar Meilleur Film – 1960

Image : 10/10
Format d'origine 2.76 "M.G.M. Camera 65" tourné en Panavision Technicolor compatible 16/9 pleinement respecté comme en témoignent les captures. Le format M.G.M. Camera 65 (utilisé sur des films aussi beaux que Les Révoltés du Bounty (USA 1962) de Lewis Milestone ou La Chute de l'Empire romain (USA 1964) d'Anthony Mann) fut créé spécialement pour Ben-Hur par la MGM. qui recherchait un système « Widescreen » ne souffrant pas des distorsions anamorphiques des autres systèmes. C'est le patron du laboratoire Panavision qui le mis au point pour cette occasion. Ce format est aussi le père historique du format « Ultra Panavision 70mm ». Reprenant l'édition 2 DVD déjà sortie, ce report 2005 ne présente pratiquement pas un défaut. La copie chimique 35mm (les négatifs pouvaient bien sûr être tirés en 35mm) utilisée pour la numérisation est une copie anglaise exploitée à Bombay en 1960 (31 bobines totalisant 19.790 pieds : on vous laisse faire la conversion en système métrique) en excellent état sur la durée globale mis à part de brèves traces de voilage contenu. Fourmillement contrôlé. Définition remarquable. Gestion parfaite des couleurs. Luminosité et contraste souverains. Rémanence annulée par une stricte gestion des noirs. C'était déjà le cas de l'édition zone 2 antérieure, cela dit. Mais du coup, étant donné la richesse des suppléments de cette nouvelle édition, elle devientl'édition de référence en DVD. À noter que les panneaux d'exploitation « ouverture », « intermission », « entracte », qu'on voyait dans les salles de cinéma sont intégrés à la continuité : belle intégrité cinéphilique.




Son : 10/10
Dolby Digital 5.1en v.f. d'époque comme en v.o.s.t.f. : impeccable travail. Le format M.G.M. Camera 65 permettait d'origine cette multiplication des canaux. Pour l'avoir vu deux fois au cinéma dont une fois dans une salle Gaumont des Champs-Élysées qui était équipée aux normes permettant au son de rendre tout ce qu'il pouvait rendre, on peut vous dire que le résultat correspond à ce qu'on entendait, notamment pendant la course de chars, très impressionnante auditivement encore aujourd'hui. Partition célèbre et lyriquement inspirée de Miklos Rozsa.


Interactivité : 9/10

DVD 1 & 2- FILM 1959 de Wyler

Une fois sélectionnée la langue d'affichage et passé le spot anti-piratage qui fait toujours aussi mal aux yeux, on accède au menu principal 16/9 qui ne propose sur les DVD 1+2 contenant la version de 1959 qu'un commentaire audio de Charlton Heston et un historien américain… non sous-titré par Warner France, comme d'habitude. Tentez cependant de l'écouter si vous maîtrisez assez l'anglais, car la diction des deux hommes est nette et bien détachée, agréable à écouter. L'acteur principal, témoin de première main encore vivant, est souvent remarquable de précision et l'historien américain y commente même le fait que le célèbre lion de la M.G.M. qui ouvre la copie chimique de 1959 ne bouge pas et rugit pas comme d'habitude : il reste immobile et silencieux comme pour témoigner son respect à l'histoire majestueuse qu'il introduit. On se consolera avec les DVD 3+4 qui proposent la version de 1925 et de nombreux suppléments intéressants. Chapitrage du film de 1959 en 61 sections : 40 sur le DVD 1 sections fixes numérotées réparties sur une dizaine d'écrans, 21 sur le DVD 2.


DVD 3 – BEN-HUR A TALE OF THE CHRIST (USA 1925) de Fred Niblo

(4/3 N.&B., monochrome et couleurs Technicolor restaurées, v.o.s.t.f., durée 2h21) Copie chimique souvent belle mais parfois, évidemment, un peu endommagée. Report numérique aussi bon que possible mais certaines séquences sont floues alors que d'autres sont d'une netteté impeccable. On se demandait quand un éditeur DVD aurait la bonne idée de permettre la comparaison du remake de 1959 avec la version originale de 1925 avec Ramon Novarro dans le rôle-titre et Francis X Bushman dans celui du romain Messala : c'est fait ! Grâce soit rendue à Warner et Turner qui offrent ici un supplément de taille, aux couleurs monochromes originales restaurées avec certaines séquences en Technicolor, sectionné en 39 chapitres. Les jeunes spectateurs français avaient pu voir il y a quelques années une diffusion télévisée (sur Arte, si notre mémoire est bonne) de ce classique qui n'a pas pris une ride et s'avère parfois plus énergique encore que son remake : le combat naval est plus ample et la course de chars (montée par Lloyd Nosler) plus démentielle encore dans cette version originale. En outre, la mort du Christ donne lieu à une authentique séquence de « film-catastrophe » très impressionnante qui est totalement absente du remake 1959 de Wyler lorsque la terre tremble. Karl Struss est crédité parmi les directeurs de la photographie : ceux qui ont vu les films fantastiques classiques de Rouben Mamoulian et Erle C. Kenton comprendront ce que cela signifie ! Mais l'interprétation, très belle et énergique pour l'époque, est évidemment différente de ce à quoi on est habitué aujourd'hui : elle est parfois nuancée mais le plus souvent expressionniste.



Cela dit, l'occasion est trop belle pour rappeller qu'une expression était en vigueur vers 1935, soit dix ans après la sortie de cette première version. À quelqu'un qu'on voulait remettre à sa place parce qu'il fanfaronnait, on disait «Tu as vu Ben-Hur en couleurs ?! ». Expression qui ne fut plus possible à partir de 1959 et qui était d'ailleurs partiellement erronée puisque la version de 1925 contient des scènes en couleurs. Mais cette expression permet de se demander si certaines copies françaises de la version de 1925 ne furent pas exploitées en N.&B. pur et dur. C'est tout à fait possible. Après 1959, une autre expression arriva sur le marché sémiologique : au même supposé fanfaron, on disait volontiers jusque dans les années 1970 : « Arrête ton char, Ben-Hur ! ». L'intégration du titre d'un film à des expressions populaires est toujours une preuve de grand succès public.

DVD 4 – SUPPLÉMENTS

Ben-Hur le film épique qui a changé le cinéma, produit par Turner en 2005 (16/9 N.&B. + couleurs, v.o.s.t.f., durée 57'33'') donne l'avis de techniciens contemporains sur la version de 1959 et aussi quelques éléments historiques précieux mais il est dans l'ensemble assez convenu


Making-of : Ben-Hur ou la fabrication d'un film épique, produit par Turner en 1993 (4/3 couleurs + N.&B., v.o.s.t.f., durée 58'11'') est beaucoup plus intéressant en raison du nombre de témoins de première main parlant du film de 1959 et des intéressants renseignements sur le film original de 1925. Lui aussi contient son lot de documents anamorphosés, mais le reste est très mignon.

Ben-Hur : voyage à travers les images (4/3 couleurs + N.&B., v.o.s.t.f., durée 5' environ) est une galerie affiche et photos de plateau et d'exploitation contenant quelques beaux éléments mais qu'on aurait pu soigner davantage encore en l'organisant rationnellement par catégories de documents : ici tout est mélangé. Mais enfin ce qu'on y voit est beau même certains extraits du film de 1959 sont anamorphosés.

Screen-tests est surtout intéressant pour les essais lumière de la belle actrice Haya Harareet. Il permet aussi de voir à quel casting on a échappé du point de vue des vedettes masculines.


Bandes d'actualités diverses (Vintage news reels) (4/3 v.o.s.t.f.) offre son lot de curiosités documentaires : la plus étonnante est la projection du film en présence de l'Empereur du Japon, et d'une princesse japonaise à Tokyo, et de Charlton Heston. L'ensemble est composé de documents assez bien restaurés.

Cérémonie des Oscars d'avril 1960 (4/3 N.&B., v.o.s.t.f., durée 10' circa) : on vous recommande chaudement de la visionner : on y voit Janet Leigh, Haya Harareet, Charlton Heston, Miklos Rozsa, Gary Cooper, et bien d'autres.


Cinq bandes-annonces (1959, 1959, 1961, 1961, 1969) différentes : passionnant ensemble, d'une grande richesse, qu'il faut visionner en suivant l'ordre chronologique. C'est évidemment la plus récente qui est la plus belle techniquement. Les deux premières sont de simples b.a. de travail pour la M.G.M. et les deux suivantes sont dans un état chimique parfois médiocre. L'ensemble est compatible 16/9 couleurs.


Au total, Warner France offre une belle interactivité. Le fait que le commentaire audio de la version 1959 soit non sous-titré en français alors que tout le reste l'est correctement, fait baisser la note qui sans cela eût été maximale.

Critique par Francis Moury
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