Les films de guerre ou un autre regard sur l’histoirePlus récemment le cinéma chinois s’est également tourné vers de nouvelles thématiques dans l’espoir de régénération du public de blockbusters. Les histoires de guerres dans des temps immémoriaux ont également laissé le champ libre à des reconstituions historiques plus récentes, essentiellement celles abordant le XXème siècle. Ainsi un film comme
Héros de guerre (
Assembly sous son titre international) réalisé par Feng Xiogang en 2007 raconte le tragique destin d’une compagnie d’infanterie pendant la guerre civile chinoise en 1948. Bombardée par les obus ennemis, c’est toute la compagnie qui disparaît sous terre pour avoir attendu que sonne le ralliement au point que, son commandant étant le seul rescapé, l’on doute quelques années après de son propos. Tourné comme un hommage aux soldats tombés durant cette période, Feng Xiogang s’offre les moyens hollywoodiens d’un véritable film de guerre. Reconstitutions grandioses, vastes plans sur les ravages des conflits, monuments aux morts, tout y est pour exalter la patrie.
Beaucoup moins connu est le film
Nanking, city of life and death du cinéaste Lu Chuan tourné cette année même. Le film reprend le triste sort que l’armée japonaise a fait subir à la ville de Nanking en 1937, depuis les assassinats en masse des prisonniers jusqu’à l’évocation des femmes de confort, les soldats japonais abusant des prisonnières comme de vulgaires prostituées. Film beaucoup plus problématique que les autres grosses productions chinoises, il semble plus difficile d’exploiter le film à l’étranger même s’il a connu une sortie à Singapour et une présentation au Toronto Film Festival. Pas inintéressant pour autant, le film est la preuve que la Chine souhaite également aborder des sujets plus graves que les sempiternels combats entre chevaliers d’un autre temps.

Si les blockbusters chinois n’ont bien entendu pas encore la même influence (ni la même affluence par ailleurs) que leurs homologues américains, il faut néanmoins observer combien le cinéma chinois semble prendre ses marques dans ce type de production massive qui demande de vastes levées de fonds. L’on attend déjà les prochains projets d’un Zhang Yimou ou encore d’un
John Woo et si le rythme n’est pas encore effréné, il faudra compter chaque année sur une ou plusieurs sorties de films chinois à grand spectacle, parfois avec quelques retards. Le cinéma hongkongais était déjà une plaque tournante du cinéma mondial, là-bas les relations avec toutes les cinématographies y étaient vivaces mais Pékin comme Shanghai semblent suivre une même voix d’expansion vers l’extérieur. Le cinéma représente une manne financière non négligeable et de plus apporte une certaine représentation culturelle à nul autre pareil. Image de l’épanouissement national, la Chine aurait tort de ne pas jouer la carte d’un cinéma qui s’exporte aux quatre coins du monde.