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Les Concerts FilmÉs Au CinÉma [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 12 août 2009 à 09h03 ,
MAJ le 26 septembre 2009 à 03h13 - 0 commentaire(s)
Étrange moment que celui d'un concert. Souvent, on dit d'une captation qu'elle ne rend pas justice à l'ambiance, que l'on perd cette urgence, cette euphorie, cette fébrilité que l'on éprouve devant un spectacle. Le cinéma s'approche parfois de ces événements, tentant de traduire l'émotion et la communion qu'ils portent en eux. Le Documentaire référence en la matière demeurant Woodstock 3 days of peace and music (sortie le 12 aout en DVD). Évoquant un autre festival, consacré en 1973 à la musique noire-américaine (pour commémorer les émeutes qui avaient éclaté à Watts en 1965), Wattstax ressort dans les salles (le 12 aout). Il est simplement des moments où la musique est transcendée, donnant lieu à des instants uniques et éphémère qui gagnent leur éternité sur pellicule. Souvenons-nous de quelques uns.

Rassemblements immenses, idoles tapageuses
Ainsi en 1969 survenait l'événement majeur de la génération hippie dans un coin un peu perdu nommé Woodstock. C'était organisé par des jeunes gens idéalistes et un peu allumés, qui voulaient en faire une date sans précédent pour les enfants du Flower Power (on en voit d'ailleurs la préparation dans la prochaine réalisation de Ang Lee, Hotel Woodstock). Le film qui est consacré à ce festival fera date, Woodstock 3 days of peace and music, concert et documentaire durant plus de trois heures (réalisation à laquelle a participé notamment le jeune Martin Scorsese).



Outre l'intérêt musical indéniable (la plupart des grands noms de l'époque sont présents), le film évoque l'événement comme une révolution culturelle et sociologique, une zone de liberté et d'insouciance où l'imagination serait au pouvoir et où les jeunes agiraient à leur guise (faisant l'amour à leur fantaisie où visitant quelques paradis artificiels). Le documentaire laisse tout entrevoir des coulisses, de la méfiance des riverains aux complications de la météo (les fameux bains de boue), les performances mémorables (de Jimi Hendrix, Janis Joplin, The Who ou Ten Years after) et surtout le chaos à peine contrôlé de l'ensemble. Le concert dépasse ceux qui en avaient eu l'initiative, au point qu'on craint assez souvent que cette énorme chose ne les ruine totalement (ils avaient prévu 50 000 spectateurs, il en vint près de 500 000). Le sous-titre de ce film hors-normes suggère d'ailleurs une certaine incrédulité : "on a été réalistes en souhaitant l'impossible : organiser trois jours de musique et de paix pour des centaines de milliers de personnes."
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