Si
Kalidor vit pour la dernière fois Schwarzy dans un rôle de guerrier de l’Antiquité, c’est deux ans plus tard que les affaires reprirent pour ce genre si particulier qui met en vedette des hommes sur-musclés et héroïques. Certes il y eut entre temps l’excellent
La Chair et le Sang de Verhoeven mais celui-ci est beaucoup plus radical et humain que les autres cités dans ce récapitulatif rapide. Si
Willow sera le plus sage de tous avec ses bastons pour bambins, son héros Madmartigan le Daïkini possédait tout pour devenir l’un des futurs guerriers glorieux et mythiques. Mais interprété par un Val Kilmer pourtant en pleine forme, il ne fera pas le poids face aux Barbarians de Deodato (
Les Barbarians) qui en cette année 1987 surent se faire reconnaître du public averti. Le réalisateur de
Cannibal Holocaust y signait une aventure de deux frères sanguinaires et gladiateurs interprétés par Peter et David Paul. Croyant à un retour possible de l’héroïc fantasy, Dolph Lundgren décide de prêter sa musculeuse plastique au personnage de Musclor pour une adaptation live et relativement soft de Les Maîtres de l’Univers, série de dessins animés tirée de jouets Mattel. Le genre s’éteindra pour un temps avec la comédie
Erik le Viking de l’un des Monthy Python, dans lequel le géant Tim Robbins découvrait les affres de la bataille amoureuse. C’était en 1989.
Personne ne voudra tenter de se lancer dans une tentative de renouveau et il faudra attendre 1999 pour que le toujours aussi brutal McTiernan se décide à tourner
Le 13eme guerrier avec Banderas. Cette sortie officielle à laquelle les producteurs ne croient pas, au point de remonter le métrage et de le
lighter, avait en fait été sollicitée suite à quelques succès en vidéoclub de films tels que la série B Kull, tirée elle aussi des écrits d’Howard. Le Seigneur des Anneaux : la communauté de l’anneau de Jackson remettra les épées, les univers étranges et les chevaliers valeureux et musclés au goût du jour mais hélas ne parviendra pas à se montrer convainquant dans ce domaine là. Malgré les prouesses d’Aragorn dans les Terres du Milieu, c’est en 2002 qu’un vrai guerrier réapparaîtra dans une forme certes convenue mais courageuse qu’est
le Roi Scorpion. L’ambition, deux ans plus tard, de Vin Diesel d’aligner son personnage de Space Opera, Riddick, dans un univers proche de celui du maître Howard, le poussera même à conclure ses chroniques en appuyant la filiation avec Conan en positionnant le héros sur un trône avec une conclusion proche des chants en l’honneur du Destructeur. La clôture de la quête de l’Anneau ayant créé un vide chez le public, une envie d’épopées héroïques se fait sentir et c’est donc celle-ci qui permettra à des titres tels que
300 d’après Miller et par Snyder -qui reprend l’histoire épique de la bataille des Thermopyles déjà racontée par Rudolph Maté en 1962- ou encore
Pathfinder du vrai barbare Marcus Nispel, de sortir. Si le film de Nispel ne se montre guère passionnant, il permettra pourtant de se confronter aux figures démentielles imposées par le génie d’Howard et illustrées par Frazetta.
Enfin, l’initiative de Zemeckis de nous offrir un vrai spectacle violent et testostéroné avec
La légende de Beowulf ravit les plus mordus par sa détermination et la folie qu’il véhicula dans certaines scènes d’une férocité géniale. Espérons donc seulement que le Roi Scorpion 2 – guerrier de légende saura trouver une place honorable parmi ces braves prétendants car s’il n’y parvient pas, il faudra attendre la rencontre avec deux autres hymnes barbares : le science-fictionnesque
Outlander et
Valhalla Rising, le guerrier silencieux réalisé et interprété par deux vrais nordiques, respectivement Nicolas Winding Refn et Mads Mikkelsen, déjà responsables de
Pusher, la trilogie.