Sur le papier, la liste du casting français des
Indestructibles pouvait nous laisser dubitatifs, et pire encore nous faire redouter une pirouette promo censée attirer les faveurs d'un public adolescent. Il nous a fallu pourtant ravaler nos préjugés car même si un doublage ne vaudra jamais les prestations d'origine, force est d'admettre que celui du film de Brad Bird nous offre des prestations d'excellente qualité. Bien plus étonnant encore,
Bruno Salomone a su s'effacer derrière son personnage et jongler d'une manière intelligente avec les humeurs de Syndrome, à tel point qu'on n'a pu le reconnaître à aucun moment. On appelle ça une performance d'acteur, et nous avons tenu à le lui dire.
En réécoutant plusieurs fois d'affilée, c'est dingue mais je n'arrive pas à te reconnaître. D'habitude dans ce genre de productions on embauche des comédiens populaires pour qu'on puisse justement les reconnaître, ou ressentir leurs personnalités. Là tu as voulu effacer Bruno Salomone, ou vraiment te fondre dans le personnage au point de t'oublier ?Je n'ai pas l'impression d'être tamponné, ou d'avoir une identité particulière auprès du public. Même sur scène je fais plusieurs personnage et c'est un peu mon but, me fondre dans plusieurs caractères ou plusieurs voix. Un pari assez dur finalement, d'autant plus qu'en vieillissant, mon timbre de voix se caractérise de plus en plus et j'essaie de parodier ça. C'est pour ça que j'ai voulu faire la voix de Syndrome quand il était enfant et quand il devient vraiment menaçant comme le méchant d'un James bond dans sa salle de contrôle. Il n'est pas si hystérique que ça finalement, il se la raconte juste un peu.
Surtout que l'image qu'on peut avoir de toi, c'est un personnage à la voix grave et le torse bombé. D'ailleurs ce n'est pas frustrant de te dire que tes enfants ou les enfants de ton entourage ne te reconnaîtront pas forcément ?Non ça va, je suis au générique c'est suffisant. Par contre je ne suis pas sur l'affiche (rires). C'est ce que je cherche moi en tant que spectateur. Lorsque je regarde
Shrek, j'ai beau savoir que c'est Alain Chabat qui le fait, par moment je cherche un peu parce qu'il y a des intonations inédites chez lui. Le défi il est là, si on peut bluffer des gens de son entourage au point qu'ils tendent l'oreille en détournant le regard pour vérifier que c'est bien nous, le pari est réussi. C'est mieux que de se contenter de lire bêtement ce qui défile, personnellement ça m'ennuierait.
Comment as-tu atterri sur le projet ?C'est le boss de Buena Vista qui m'a repéré dans un spectacle en me disant qu'il y avait des choses intéressantes à faire avec ma voix. J'ai fait quelques tests micro pour
La ferme se rebelle, et finalement il m'a dit qu'il y avait mieux pour moi.
C'était quel personnage ?Une espèce de lapin ou je sais plus trop quoi. J'ai juste vu une image, je n'ai même pas vu le film (rires). Et puis j'ai jeté un œil sur
Les indestructibles et j'ai super vite accroché au truc. L'univers collait bien plus au mien, et puis ce côté vie quotidienne des super héros ça m'a emballé tout de suite. Si j'avais été le réalisateur je me serais d'ailleurs contenté de faire ça, les lasers et les explosions c'est déjà un peu moins ma tasse de thé.
Et c'est pourtant dans cette deuxième partie où tu es le plus présent.Oui, enfin bon, ça aurait peut être tourné en rond, il faut bien une intrigue, des gentils et des méchants et puis ce côté Spielberg en fout plein la vue. C'est vachement important. J'ai mis quelques minutes à m'en remettre d'ailleurs après l'avoir vu.