Avec
Les liens du sang, Jacques Maillot livre un polar noir, très noir, porté par les performances exceptionnelles de deux acteurs habités par leurs rôles, Guillaume Canet et François Cluzet. Visuellement, le réalisateur approche de la perfection, décrivant le marasme social de la fin des années 70 dans lequel deux frères, flic et truand, tentent de trouver le bonheur. A l'occasion de la sortie DVD du film, le cinéaste revient avec nous sur cette aventure particulièrement enrichissante.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le film ?L’aventure de la fabrication du film était super, notamment le rapport avec les comédiens. Il a été très long à écrire, donc le simple fait d’arriver à le tourner était déjà entre guillemets un succès. La sortie s’est également bien passée, donc je ne retiens que du positif. Le film en lui-même je ne l’ai pas revu. Je n’ai pas tellement de regard a posteriori, je préfère avancer sur le prochain, un film que j’avais écrit avant
Les liens du sang, et que je m’apprête à tourner en septembre.
Et concernant les résultats chiffrés, êtes-vous satisfait ?Le film a fait 530 000 entrées, ce qui dans l’absolu est plutôt très bien puisque il n’y a que 10% des films français qui dépassent les 500 000 entrées. Et en plus il n’a pas coûté cher, donc tout le monde était content. Après c’est vrai qu’on a été un peu victime des Ch’tis, car on est sorti un mois avant et lorsque Bienvenue chez les ch’tis est arrivé, il a tout vampirisé.
Vous n’avez pas eu peur, par rapport au sujet, qu’un autre film vous fasse de l’ombre, à savoir La Nuit nous appartient ?Je ne me rends pas compte. Peut-être en effet que les gens se sont dits que c’est le même sujet, mais c’est difficile à évaluer. Et de toute façon on ne pouvait rien faire contre, si ce n’est éventuellement décaler la sortie. Mais ce n’était pas forcément souhaitable car conserver cette date nous permettait de bénéficier encore de l’effet
Ne le dis à personne. En tout cas je ne me prends pas la tête avec ces calculs, ou suppositions, car je ne pense pas que les chiffres, malgré leur importance, représentent la vérité ultime d’un film. S’il s’était planté, on aurait tous été tristes, mais qu’il ne fasse pas trois millions d’entrées, ce n’est pas vraiment un regret. Moi je suis content des 530 000 et mes partenaires économiques aussi, donc tout va bien !