Par Damien Duvot - publié le 26 mars 2008 à 10h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h50 - 0 commentaire(s)
JAFAR
Aperçu dans : Aladdin (1992) Le Retour de Jafar (1994)


Jafar est le cas typique du vizir qui veut devenir calife à la place du calife. Il apparaît au spectateur dès les premiers plans du film, et comme la plupart des méchants, il est gracieux et hautain. Son apparence est calquée sur Maléfique, avec sa grande cape, son sceptre qui lance des éclairs et son perroquet sur l’épaule. Jafar a cependant d’autres ambitions, il souhaite mettre la main sur la lampe magique afin de régner sur toute l’Arabie (ou du moins sur Agrabah). Il a de larges épaules, une barbe hiéroglyphe, une bouche élastique et des sourcils arrogants. Il possède aussi des dons de travestissement en se déguisant en vieillard dans le donjon. Si ses scènes avec le sultan le montrent sous un caractère humoristique, il devient vraiment terrifiant lorsqu’il se met à comploter. Sa menace devient de plus en plus pesante au fur et à mesure que l’histoire s’avance, tandis que ses pouvoirs augmentent. Au début du film, il manie l’hypnotisme, puis vers la fin du film, il devient un gigantesque sorcier. A la manière de Maléfique, justement, il se transformera en serpent géant. C’est son ambition démesurée qui le perdra, pris au piège par Aladdin, il finira enfermé dans la lampe magique avec son fidèle perroquet. Jafar sera le premier méchant de Disney à apparaître dans une suite qui porte son nom. Le Retour de Jafar sera mis en chantier dès la sortie du premier film, et bénéficiera d’une sortie vidéo. Le film sera bâclé, et soufrera de la comparaison avec son aîné, envoyant Jafar dans les limbes de l’oubli.

SCAR
Aperçu dans : Le Roi Lion (1994)


Oublions les liens de parenté avec Le Roi Léo de Tezuka, et concentrons nous un peu plus sur les influences du Roi Lion de Rob Minkoff. Le film est un hommage appuyé à la fameuse pièce d’Hamlet, et en ce sens, Scar devient un véritable méchant Shakespearien. En effet, il est jaloux de son frère car il n’a pas accédé à la tête du Royaume animal. Pourtant, Muphasa, son frère, semble compatissant avec Scar et lui témoigne une profonde affection dès le début du film. Ce qui n’empêchera pas Scar de fomenter l’assassinat de son propre frère, et l’exil de son neveu. Ses ambitions sont expliquées dans une scène musicale où Scar énonce son plan du haut d’un rocher, tandis que ses troupes défilent au pas de l’oie. On ne peut pas trouver de scène plus démonstrative sur le côté dictateur du personnage. Après avoir assassiné Muphasa en le précipitant du haut d’une falaise, Scar accède au trône et règnera plusieurs années sur le monde animal. C’est son alliance avec les hyènes, qui causera la perte du royaume, car il ne respecte plus la chaîne alimentaire (appelé aussi le cercle de la vie dans cette histoire). Lorsque son neveu Simba revient d’exil, c’est une véritable mise à mort. Scar essayera une dernière fois de tromper le jeune Simba avant d’être jeté du haut de la falaise. Scar est représenté sous les traits d’un lion fatigué, au visage balafré (d’où son nom : Scar signifiant cicatrice). C’est Jeremy Irons qui lui prête sa voix en Version Originale, renforçant l’aspect sombre du personnage. Ce qui est terrifiant chez Scar, comparé aux autres méchants Disney, c’est qu’il n’hésite pas à massacrer sa propre famille afin d’accéder aux plus hautes responsabilités.

Certes, nous oublions quelques autres méchants des films Disney : Madame Mim de Merlin l’Enchanteur (1963), Hades du film Hercules (1996, le seul intérêt du film d’ailleurs) mais aussi le plus grand méchant de toute l’Histoire de Disney : L’ombre du chasseur qui prive Bambi de sa mère (1942). Si on pouvait se lancer dans une analyse des méchants de chez Disney, on remarquerait qu’ils ont tous, plus ou moins, une relation paternelle et maternelle avec le héros du film. Maléfique se place en marraine, Crochet tente de remettre Peter Pan à sa place, Scar est l’oncle de Simba, Ursula la mère cachée d’Ariel, Shere Kahn semble être le seul adulte responsable de toute cette jungle… Et finalement, si la mort du méchant chez Disney n’était pas tout simplement la conclusion d’un syndrome Oedipien ?
logAudience