Luc Besson est de ces cinéastes qui ne laissent pas indifférent. S'attirant autant de foudres que de louanges, en sa double qualité de metteur en scène et de producteur, il est le sujet rêvé d'un classe-pas classe en deux parties (la première pour sa carrière de réalisateur, la seconde pour celle de producteur) à l'occasion de la sortie en Blu-Ray de
Jeanne d'Arc,
le Dernier Combat et
Subway (le 9 septembre). Besson, c'est indéniable, a incarné un souffle nouveau dans le cinéma français des années 80 et a imposé ses codes. Officiant d'abord en tant qu'assistant réalisateur sur des films aussi différents que
Loulou de Maurice Pialat, ou un James Bond,
Moonraker, il est à la tête d'une oeuvre singulière de réalisateur, généralement de qualité, comme nous allons le constater.
LE DERNIER COMBAT : grande classe apocalyptiquePour son premier long-métrage en 1983,
Luc Besson part d'un court-métrage qu'il a réalisé en 1981, intitulé
L'avant dernier. Se situant après une catastrophe mondiale, les rescapés devenus muets s'organisent pour survivre. Une complicité se noue entre un homme et un médecin, ayant mis au point un remède pour permettre de parler. Les débuts du jeune Besson sont audacieux, tournant en Noir et Blanc et dans une narration presque totalement muette, son entrée en matière ne manque pas de magie ni de panache. Malgré quelques longueurs, cette première oeuvre est servie par une distribution de toute beauté (menée par Jean Bouise et où l'on remarque
Jean Reno). Ce film demeure pour beaucoup l'un des meilleurs du réalisateur.
SUBWAY : Classe souterraineLuc Besson poursuit en 1985, ses récits atypiques en contant le destin d'un homme réfugié dans le métro, objet d'une chasse à l'homme après qu'il ait volé des informations confidentielles.
Christophe Lambert, peroxydé et en son âge d'or, arpente les couloirs du métro parisien et fait des rencontres improbables. Le héros a ce statut un peu enfantin et naïf que l'on retrouve souvent chez Besson. Tourné de nuit dans les stations de métro, le film conforte le réalisateur dans son statut d'icône de la génération montante aux influences iconoclastes, transformant ce décor en un véritable univers onirique, envoûtant jusqu'au personnage de la bourgeoise, campé par la sublime Isabelle Adjani. La mystérieuse ambiance est renforcée par la musique d’Eric Serra. Le réalisateur continue d'être en rupture avec les codes du cinéma français hérités de la nouvelle vague (ce qui lui vaut l'antipathie de beaucoup de critiques).